De quelle manière les exploitants pipeliniers interviennent-ils pour faire face à une urgence?

En cas d’incident, les exploitants pipeliniers disposent d’équipes de gestion des interventions prêtes à déployer le plan d’intervention d’urgence sans délai. Ce plan est spécifique au pipeline et décrit les étapes et les procédures précises à suivre. L’équipe effectue régulièrement des exercices d’intervention d’urgence afin de se préparer à réagir efficacement.

Intervenir immédiatement en cas d’urgence est une priorité absolue. C’est pourquoi les membres de CEPA ont élaboré des directives sur les délais d’intervention standards, de sorte que les équipes, le matériel et les ressources soient acheminés jusqu’au site d’intervention le plus rapidement possible.

Phase 1 - Arrêt immédiat du pipeline

Aussitôt que les systèmes de détection des fuites alertent l’exploitant d’un déversement éventuel, le pipeline est arrêté.

Des vannes situées à des endroits clés de la canalisation permettent d’interrompre l’écoulement du produit dans le pipeline à n’importe quel moment. Ces vannes sont contrôlées à distance depuis le centre de contrôle de l’exploitant.

Phase 2 - Déclenchement du plan d’intervention d’urgence

Le plan d’intervention d’urgence est mis en branle. De tels plans visent à résoudre un vaste éventail de scénarios d’urgence, déterminer les dangers potentiels pour le public et l’environnement et décrire les étapes nécessaires pour maîtriser la situation.

Tous les membres de CEPA se sont engagés à utiliser un système reconnu dans le monde entier appelé « Système de commandement des interventions » (SCI), qui a pour but de contrôler et de coordonner les interventions d’urgence. On recourt au SCI lors des incidents de grande envergure pour réagir avec efficacité, tout en veillant à l’utilisation efficiente des ressources ainsi qu’à la sécurité du public et des premiers intervenants. L’objectif est de mettre le système en place en moins de deux heures.

Sécurité publique Canada a rendu obligatoire l’usage du SCI dans son cadre de sécurité civile pour le Canada. Tous les organismes provinciaux de gestion des interventions d’urgence, dont l’Alberta Emergency Management Agency (l’agence albertaine de gestion des urgences), l’ont adopté. La Garde côtière canadienne et Parcs Canada ont recours au SCI, tout comme la majorité des premiers intervenants et des organismes d’intervention en cas d’urgence au Canada, aux États-Unis et au Royaume-Uni. Les Nations Unies utilisent également ce système.

On avertit le public dès que l’on connaît avec certitude tous les détails de l’incident.

Phase 3 - Mobilisation des premiers intervenants

Les premiers intervenants dépêchés par la société pipelinière se rendent sur le site pour réparer la fuite et entamer les procédures de nettoyage. Tous les membres de CEPA disposent d’équipes entraînées et prêtes à intervenir dans les plus brefs délais à l’aide de leur matériel de confinement et de récupération du pétrole (surnommé « OSCAR” pour Oil Spill Containment and Recovery equipment) afin de confiner la fuite. Les exploitants forment également les services d’urgence de diverses municipalités et travaillent avec eux afin qu’ils soient prêts à intervenir dans le cas d’une situation d’urgence liée à un pipeline.

Les équipes de réparation et de nettoyage se rendent sur le site dans un délai inférieur à trois heures.

Phase 4 - Arrivée du matériel d’intervention initiale

En moins de six heures, des équipes et du matériel d’intervention supplémentaires parviennent sur place (dans le cas d’un déversement d’hydrocarbures, les équipes additionnelles arrivent dans un délai de 72 heures, car ce genre de situation requiert de l’équipement lourd). Ces équipes composées de spécialistes du nettoyage, de biologistes et d’experts en environnement travailleront aussi longtemps que nécessaire pour nettoyer le secteur.

Des centaines d’intervenants et des convois de matériel parviennent rapidement sur place.

Affectation de ressources additionnelles si nécessaire

Dès leur arrivée sur place et si la situation l’exige, les premières équipes commencent à solliciter la venue d’équipes supplémentaires, notamment des spécialistes du nettoyage et des experts en environnement. Des unités de sauvegarde de la faune sont envoyées afin d’empêcher que les oiseaux et les autres espèces animales n’entrent en contact avec les produits déversés.

On peut compter sur tous les membres de CEPA pour intervenir face à une urgence si nécessaire et ces derniers mettront à disposition leur personnel, leur matériel et leur expertise dans des domaines précis.

Découverte de la cause de l’incident

Alors que les équipes s’affairent à nettoyer et à remettre le site en état, les organismes de réglementation travaillent avec l’exploitant pipelinier et d’autres organisations pour déterminer la cause de l’incident. De cette manière, on peut procéder à des ajustements au niveau du matériel et des procédures, afin de réduire les risques de voir un tel incident se reproduire.

L’industrie des pipelines de transport est l’une des plus réglementées au monde. C’est pourquoi chaque incident fait l’objet d’un examen scrupuleux afin d’apprendre comment empêcher toute autre situation d’urgence à l’avenir.

Apprendre des résultats de l’enquête

Une fois l’enquête sur l’incident achevée, les constats majeurs sont communiqués à tous les membres de CEPA ainsi qu’au public. Tous les moyens possibles sont mis en œuvre afin qu’un incident similaire ne se reproduise jamais.

Assumer ses responsabilités dans le cadre du déversement

Les sociétés pipelinières canadiennes font l’objet d’une réglementation qui les rend financièrement totalement responsables de l’intégralité des coûts liés à un déversement de pipeline, peu importe le responsable du déversement. La Loi sur la sûreté des pipelines indique clairement que les principaux exploitants de pipelines de transport doivent disposer d’une capacité financière d’un minimum d’un milliard de dollars afin d’intervenir adéquatement en cas de déversement. Si la société pipelinière est en faute, sa responsabilité est illimitée jusqu’à ce que le secteur soit nettoyé. Il se pourrait de plus qu’on lui demande de verser des frais de nettoyage et de remise en état aux parties prenantes et aux collectivités touchées.

Étude de cas : une réelle intervention d’urgence

Le 22 juin 2013, des précipitations abondantes survenues pendant tout le mois de juin dans le secteur de Fort McMurray, en Alberta, ont fait bouger le sol au niveau de l’emprise de la canalisation 37 d’Enbridge, faisant bomber ce pipeline de 12 pouces de large et provoquant le déversement d’environ 1 300 barils de pétrole brut léger synthétique.

Intervention initiale

Le système de détection des fuites a donné l’alarme. La canalisation a été immédiatement arrêtée. Le plan d’intervention d’urgence pour la canalisation 37 a été aussitôt déclenché.

Muni de matériel, le personnel sur le terrain a été dépêché sur le site pour faire un compte-rendu de la situation. Les autorités réglementaires ainsi que les communautés autochtones et métis du secteur ont été averties.

Par mesure de précaution, l’exploitant a procédé à la fermeture temporaire de tous les autres pipelines du secteur pour les soumettre à des évaluations techniques et géotechniques approfondies, afin de s’assurer qu’ils pouvaient être exploités sans danger.

Les premiers intervenants d’Enbridge ont rapidement réussi à contenir le pétrole à l’aide de barrages flottants de confinement et d’absorbants. Ils ont également mis en place des répulsifs pour animaux sauvages.

D’autres intervenants et des ressources de soutien sont parvenus de tout l’Ouest canadien en moins de 24 heures.

Nettoyage et récupération

Au plus fort de l’opération de nettoyage et de récupération, durant la dernière semaine de juin 2013, environ 200 membres du personnel se trouvaient sur le site.

À l’aide de plateformes modulaires (installées pour protéger l’environnement), Enbridge a construit une route vers le lieu de la fuite afin de permettre l’accès aux camions-vidange, aux excavatrices et au matériel d’intervention d’urgence.

Une station mobile de traitement des eaux transportée sur place a permis de traiter toute l’eau polluée recueillie dans le secteur.

Enbridge a déployé une stratégie de gestion de la faune particulière au site et a mené des reconnaissances aériennes et terrestres intensives pour la recenser, en plus de clôturer les lieux afin d’empêcher que les animaux n’y pénètrent. Par conséquent, cet évènement n’a entraîné que peu de répercussions sur la faune.

Des évaluations environnementales ont été effectuées sur le site parallèlement aux travaux d’assainissement. Ces évaluations permettant de quantifier les effets de la fuite sur l’air, le sol, les eaux souterraines, les sédiments et les eaux de surface ont servi à élaborer des stratégies de nettoyage optimales.

Outre des travaux d’inspection à divers endroits du pipeline, le personnel d’Enbridge a mené des analyses techniques et géotechniques approfondies.

Tout au long de l’intervention, Enbridge a collaboré étroitement avec les organismes de réglementation et les parties prenantes locales afin d’établir un plan d’intervention et d’assainissement complet. Ces organismes ont inspecté le site et Enbridge a régulièrement informé toutes les parties concernées de la progression du nettoyage, des réparations et des activités d’assainissement.

Résultat

Le processus de récupération du pétrole a permis de recueillir et de traiter environ 3 000 mètres cubes d’eau, ainsi que de retirer approximativement 6 800 tonnes de sols et de sédiments pollués. 93 pour cent du pétrole déversé a été récupéré.

Enbridge a pris diverses mesures pour atténuer l’effet des forces exercées par le sol sur la canalisation 37 et sur les autres pipelines partageant la même emprise.

Le 11 juillet 2013, après avoir été réparée, la canalisation a été remise en service à une pression d’exploitation réduite, puis, ayant fait l’objet d’une surveillance et d’analyses supplémentaires, sa pression d’exploitation normale a été rétablie le 29 juillet 2013. Tous les autres pipelines qu’Enbridge avait fermés dans la région ont été entièrement évalués puis remis en service normal un par un au début du mois de juillet 2013.

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