Vos questions : les pipelines ont-ils une incidence sur la migration des animaux et leur habitat?

L’automne dernier pendant trois semaines, grâce au financement de la Conférence internationale sur les pipelines, l’Association canadienne de pipelines d’énergie et le TELUS Spark, un musée des sciences interactif à Calgary, ont collaboré à la tenue d’une exposition temporaire sur les technologies pipelinières. Plus de 10 000 visiteurs de tous âges se sont rendus au Telus Spark pour saisir l’occasion de s’informer sur les technologies de pointe qui contribuent à assurer la sécurité des pipelines.

L’exposition comprenait également un mur parlant, qui permettait aux visiteurs d’exprimer leurs pensées à l’aide de notes autocollantes. Dans le billet d’aujourd’hui, nous réagissons à une autre de ces notes.

La migration et l’habitat sont des facteurs essentiels à prendre en compte lors de la conception d’un pipeline

Sachant qu’environ 118 000 kilomètres de pipelines de transport sillonnent le Canada, on peut aisément comprendre que les travaux de construction et d’entretien puissent avoir des effets sur les habitats des animaux de temps à autre. C’est pourquoi on tient compte des habitats des animaux et des tendances migratoires depuis les premières étapes des projets pipeliniers, à savoir la planification et la conception, durant la phase de construction, et jusqu’à la fin de la durée de vie des pipelines.

Pour certaines espèces sensibles telles que le caribou et le grizzli, les organismes de réglementation exigent des responsables du projet qu’ils élaborent des plans propres à chaque espèce qui décrivent en détail toutes les mesures d’atténuation et de surveillance.

 

Exemple : la protection des caribous par les membres de CEPA

Les caribous font partie des espèces les plus sensibles aux changements d’utilisation des terres. Au fil du temps, la construction d’infrastructures linéaires telles que les routes, les pipelines, les lignes sismiques et d’autres activités humaines ont rendu les caribous plus accessibles aux prédateurs, notamment les loups.

Certaines hardes de caribous sont si petites qu’une seule mort peut affecter profondément le reste de leurs populations. Les caribous sont des créatures régies par l’habitude, ce qui leur fait courir des risques plus élevés et rend plus difficile toute tentative d’atténuer des impacts. Par exemple, les femelles en gestation retournent à leur aire de mise bas favorite d’année en année, en dépit des activités dans le secteur.

Les membres de CEPA travaillent en étroite collaboration avec des biologistes de la faune qui possèdent une connaissance approfondie de l’écologie des caribous et des techniques de rétablissement de l’habitat. Ils élaborent ensemble des plans pour atténuer, réparer, compenser et surveiller les effets de la construction et de l’exploitation des pipelines sur les populations de caribou dans le but de respecter, voire de dépasser les conditions imposées par l’ONE. Voici certaines mesures d’atténuation mises en place par l’industrie pipelinière :

  • Restrictions imposées au calendrier de construction afin d’éviter les périodes particulièrement risquées telles que la mise bas et la migration
  • Mesures de contrôle pour dissuader les humains et les prédateurs de se déplacer le long de l’emprise
  • Mesures visant à limiter le champ de vision le long de l’emprise telles que plantation d’arbres ou installation de clôture ou de bermes
  • Éparpillement de débris ligneux le long de l’emprise pour ralentir les déplacements des loups
  • Plantation de végétation indigène qui rétablit l’écosystème et n’attire pas le chevreuil ou l’orignal, ce qui peut causer une réaction en chaîne en attirant les loups

De surcroît, les organismes de réglementation exigent des promoteurs et des exploitants de projets pipeliniers qu’ils contrôlent l’efficacité de leurs plans et en fassent rapport, ce qui leur demande de préciser comment ils adapteront leurs mesures si elles ne conviennent pas à atteindre les objectifs énoncés.