Vos convictions par rapport aux pipelines font-elles le poids face à la science?

Les pipelines de transport sont l’objet de nombreuses idées fausses. Certaines d’entre elles sont dues à un manque d’informations, d’autres sont fondées sur des mythes et des informations erronées. Nous croyons qu’on ne peut entamer le dialogue que lorsqu’on a tous les faits en main et c’est pour cette raison que nous aimons publier un billet de « démystification » sur notre blogue une fois de temps en temps.

Donc, parce que cette semaine marque la rentrée des classes, nous avons décidé de vous tester sur vos connaissances en matière de pipelines. Voyons si vos convictions par rapport aux pipelines reposent sur des mythes ou sur la science :

Mythe 1 : les essais hydrostatiques sont la seule manière de tester l’intégrité d’un pipeline

Ce qu’en dit la science : les essais hydrostatiques sont l’une des nombreuses technologies qu’on utilise pour tester l’intégrité des pipelines

Un essai hydrostatique consiste à remplir un pipeline d’eau puis le soumettre à un niveau de pression supérieur à son niveau de fonctionnement normal. On effectue ce test sur de petits tronçons de 20 à 30 km afin de détecter plus facilement les défauts et les fuites minuscules. Regardez cette vidéo pour mieux comprendre comment cela fonctionne (vidéo en anglais) :

Cependant, cette technologie est loin d’être la seule à s’avérer efficace. On peut aussi compter sur :

Ce ne sont là que certaines des technologies qui rendent possible la détection des fuites, même les plus minuscules.

Mythe 2 : tous les pipelines se corrodent

Ce qu’en dit la science : on peut empêcher la corrosion

Cathodic protection_French

Vous êtes-vous déjà demandé comment un navire fait de métal pouvait rester à flot sans rouiller? La réponse, ce sont les revêtements anticorrosion, très proches de ceux que l’on retrouve sur les pipelines et qui empêchent ceux-ci de se corroder lorsqu’ils sont en contact avec un sol humide. Mais ce n’est pas la seule manière dont l’industrie lutte contre la corrosion.

  • La protection cathodique est le processus qui consiste à utiliser un courant électrique pour éloigner la corrosion du pipeline vers une autre pièce de métal : l’anode. C’est cette pièce de métal qui va alors rouiller, et non le pipeline. Par ailleurs, l’industrie se sert de racleurs, c’est-à-dire de larges brosses métalliques qui parcourent le pipeline en tournant afin d’éliminer les dépôts et d’empêcher les accumulations de produit capables de corroder la canalisation.

Mythe 3 : le bitume dilué est plus corrosif que les autres produits pétroliers

Ce qu’en dit la science : Le bitume dilué (ou dilbit) n’est pas plus corrosif que le pétrole brut normal

Les sociétés pipelinières transportent du dilbit depuis 25 ans, sans qu’on ait eu à déplorer une augmentation des incidents dus à la corrosion. Mais cela n’a pas empêché les critiques d’émettre des doutes à ce sujet. Seulement, des recherches ont maintenant été publiées et des études indépendantes ont déconstruit ce mythe. Le bitume dilué n’est pas plus corrosif que le pétrole brut classique. Parmi les études disponibles, vous pouvez notamment lire :

La plus récente de ces études, celle de la NAS, conclut que « le bitume dilué possède des propriétés physiques et chimiques comparables à celles d’autres pétroles bruts et qu’aucun aspect relatif à son transport par pipeline ne le rend plus susceptible de causer un rejet accidentel comparé aux autres pétroles bruts. »

Vous pouvez en apprendre plus sur le bitume dilué en lisant notre fiche d’information sur le dilbit (PDF).

Mythe 4 : personne n’est à l’affût d’éventuelles fuites de pipelines

Ce qu’en dit la science : la technologie nous aide à surveiller les pipelines 24 heures sur 24, 7 jours sur 7

Guetter les éventuelles fuites est un travail à temps plein. Mais peut-on surveiller un pipeline alors qu’il est enfoui dans le sol ou qu’il traverse la partie la plus reculée des montagnes? Grâce aux systèmes d’acquisition et de contrôle des données (ou systèmes SCADA), on peut surveiller les pipelines à une distance de plusieurs centaines de kilomètres, peu importe l’heure ou le jour. Voici quelques-unes des technologies dont disposent les techniciens compétents postés dans les centres de contrôle :

  • Les capteurs situés le long de chaque pipeline surveillent la température, le débit et la pression du produit. Toute anomalie est automatiquement signalée afin que les techniciens puissent agir, par exemple en arrêtant l’écoulement du produit dans le pipeline si nécessaire.
  • Les caméras vidéo placées le long des tracés de pipelines font bien plus que simplement filmer. Des capteurs d’hydrocarbures leur permettent de détecter même les fuites les plus minuscules et des capteurs de température surveillent les changements imprévus.
    • Des alarmes alertent les techniciens lorsque quelque chose d’inhabituel ou d’inattendu pourrait indiquer qu’il y a une situation d’urgence.

Mythe 5 : les sociétés pipelinières exploitent leurs pipelines à des pressions dangereusement élevées afin de réduire leurs dépenses

Ce que dit la science : chaque pipeline possède une pression maximum réglementée

Le niveau de pression autorisé dépend de la conception et de la construction d’un pipeline ainsi que du produit qu’il transporte. Il est illégal pour les exploitants de pipelines de dépasser cette pression maximum et en fait, de nombreuses sociétés pipelinières exploitent même leurs pipelines à une pression inférieure au maximum réglementé.

La pression des pipelines est l’un des facteurs que les techniciens des salles de commande surveillent et consignent, et une hausse de la pression constituerait pour eux une raison de déclencher l’alarme.

Si vous désirez en savoir plus sur les mythes de pipelines à briser, jetez un œil à ces précédents billets sur les pipelines et l’environnement et sur la cessation d’exploitation des pipelines.

 


L’Association canadienne de pipelines d’énergie représente les sociétés canadiennes de pipelines de transport, lesquelles exploitent environ 117 000 kilomètres de pipelines à travers le Canada. En 2014, ces autoroutes de l’énergie avaient acheminé environ 1,2 milliard de barils de produits de pétrole liquide et 5,4 billions de pieds cubes de gaz naturel. Nos membres transportent 97 pour cent du gaz naturel consommé quotidiennement au Canada et acheminent du pétrole brut en provenance des gisements terrestres de régions productrices vers divers marchés nord-américains.