Une période de transition : trois choses apprises de Jeffrey Simpson

Auteur et chroniqueur de longue date pour le Globe and Mail, Jeffrey Simpson suit le secteur de l’énergie canadien depuis 40 ans. Tout au long de sa carrière, M. Simpson a assisté à l’évolution du débat énergétique, au fur et à mesure de l’apparition des énergies renouvelables dans la vie des Canadiens et de l’intensification des discussions sur un avenir sobre en carbone.

Ce sont des enjeux importants pour tous les Canadiens et que nous nous employons tous à mieux comprendre. Et c’est justement pour atteindre cet objectif que nous avons invité M. Simpson à prendre la parole lors du prochain repas annuel de CEPA.

Nous ne pouvions pas laisser passer l’occasion de tirer profit de son expérience en l’interrogeant sur plusieurs sujets avant l’évènement. Ses analyses s’appuient sur les années d’observation et de recherches rendues possibles par l’angle unique dont il jouit en tant que chroniqueur national chargé de questions d’énergie, de changements climatiques, de politiques municipales et de démocratie canadienne (et bien plus encore).

Voici trois points qui nous ont frappés lors de notre conversation avec lui.

La transition énergétique est un enjeu mondial 

La transition vers un avenir faible en carbone n’est pas un enjeu propre aux régions, mais bien un enjeu mondial. Le climat n’est aucunement borné par de quelconques frontières nationales ou provinciales et c’est pourquoi chercher des solutions nécessite d’adopter une perspective bien plus large. Ce qui ne facilite pas les choses.

La question se complique encore davantage lorsqu’on réalise le degré d’influence variable que les différentes autorités et administrations exercent potentiellement sur le climat. En tant qu’enjeu mondial, l’approche doit être mondiale et concertée, et en tant qu’enjeu continental, le Canada doit œuvrer en étroite coordination avec les États-Unis.

Au Canada, tout est encore plus complexe. « Le gouvernement national est responsable de la politique économique générale et partiellement de l’environnement, lequel relève de plusieurs autorités administratives », explique M. Simpson. « Les provinces interviennent en raison de cette gestion commune… et parce qu’en vertu de la constitution, elles sont responsables des ressources naturelles, l’exploitation de celles-ci relève donc de leur compétence. »

Il explique qu’on parvient ensuite à l’échelon municipal, qui entraîne les plus fortes répercussions sur nous en tant que citoyens. « La ville exerce un pouvoir considérable sur des choses telles que les codes du bâtiment, les transports publics, l’incinération des déchets, etc. On arrive enfin au niveau des individus, qui peuvent décider d’agir ou non. »

Le Canada fait face à une situation unique

Le Canada est un pays unique, nous le savons tous. Et nous sommes tous fiers de nous savoir si unique. Mais ce sont certaines de ces caractéristiques uniques qui rendent la transition vers un avenir faible en carbone encore plus difficile au Canada. Comme l’explique M. Simpson, « les choses sont plus compliquées dans un pays comme le Canada qui comporte de vastes distances, des écarts de température et une population grandissante. Un plus grand nombre d’habitants signifie plus d’émissions et plus de consommation de combustibles destinés au chauffage et au transport d’un bout à l’autre du pays. »

La transition ne se fera pas du jour au lendemain

M. Simpson est d’avis que la transition énergétique prendra longtemps. Le monde continuera de consommer beaucoup de combustibles fossiles, qui, selon lui, constitueront la principale source d’énergie au cours des 50 prochaines années. Comme le dit M. Simpson, « Nous devons simplement accepter le fait que nous vivons une longue période de transition. Les pipelines continueront de jouer un rôle indispensable pour le transport des carburants. »

Dans le débat sur la transition énergétique, les points de vue ne manquent pas. Faites-nous part de vos réflexions en écrivant dans la section des commentaires située ci-dessous.

Autre lecture : Le lien entre pipelines et changements climatiques (et ce que l’on fait pour y remédier)