Un voyage sans danger et sans accroc : les pipelines, de la conception à la surveillance

Les 119 000 kilomètres de pipelines de transport canadiens acheminent 97 pour cent de la production quotidienne de gaz et de pétrole brut terrestre vers les marchés du Canada et des États-Unis, soit la plupart du pétrole et du gaz dont vous vous servez quotidiennement.

Du début à la fin de leur parcours, ces pipelines figurent parmi les infrastructures les plus réglementées, les plus soigneusement conçues et les plus surveillées au pays.

Les membres de CEPA veillent à ce que cette énergie effectue un voyage sans accroc. Voici certains des moyens qu’ils mettent en œuvre pour cela.

Planification et conception

Le tracé du pipeline est soigneusement planifié dès le début du projet. Des experts se rendent sur les lieux du tracé proposé et évaluent ce dernier en cherchant des façons de minimiser son impact sur l’environnement, en parlant avec les parties concernées et en privilégiant avant tout la sécurité.

En plus de vérifier le tracé directement sur le terrain, ces experts utilisent également des données obtenues à partir de photos à haute résolution et de systèmes de radar de pointe (LIDAR) afin de terminer les travaux de conception.

Chaque pipeline est associé à un plan environnemental détaillé et il arrive souvent de voir autant d’experts environnementaux que d’ingénieurs travailler sur un projet.

Approbations réglementaires

La Loi sur les pipelines de 1949 (établie avant même que les ceintures de sécurité ne soient requises en voiture) a instauré les conditions nécessaires pour faire des pipelines canadiens les pipelines les plus sûrs au monde. Les pipelines sont réglementés en fonction de leur situation géographique, donc si le pipeline traverse des frontières provinciales ou internationales, il dépend habituellement de l’Office national de l’énergie (ONÉ). Les pipelines exploités à l’intérieur d’une province ou d’un territoire relèvent de l’organisme de réglementation provincial ou territorial compétent.

Lorsqu’un organisme de réglementation examine une demande pour un nouveau pipeline, il doit en évaluer la conception, la construction et l’exploitation proposées pour veiller à ce que celui-ci soit sécuritaire, n’endommage pas l’environnement et serve l’intérêt public.

Construction

Une fois le tracé et la conception approuvés, la construction du pipeline commence.

L’acier utilisé pour la construction des tuyaux est soumis à de fortes températures dans une aciérie, tout en étant analysé et allié à d’autres matériaux pour répondre aux spécifications. Les raccords sont soudés et contrôlés par ultrasons, tandis que des échantillons de l’acier destiné aux tuyaux sont choisis aléatoirement et étirés pour s’assurer de ne pas casser. Chaque longueur de tuyau est mise à l’essai en y faisant circuler de l’eau à des pressions élevées, bien plus élevées que celles auxquelles elle devra faire face dans le cadre d’une utilisation normale.

Enfin, parce que l’acier peut rouiller, un processus de décapage nettoie et marque le tuyau, puis on applique plusieurs couches d’un revêtement à base de résine époxy en poudre. Après que le tuyau a refroidi, les imperfections sont corrigées et le tuyau est expédié sur le chantier, prêt à être installé.

Pose dans le sol

Les pipelines sont fabriqués pour s’adapter au relief du terrain. Une fois les tuyaux livrés sur le chantier, les longs tubes sont soudés ensemble et leur intégrité est contrôlée à l’aide d’ultrasons. Les tronçons assemblés sont posés dans les tranchées et équipés de larges vannes à intervalles réguliers afin de pourvoir arrêter l’écoulement du produit si nécessaire.

Les tranchées sont ensuite remblayées et le terrain au-dessus remis en état. À ce point, il est impossible de voir le pipeline – à part quelques installations de surface –, car il est enfoui à un mètre de profondeur, voire plus.

Surveillance

Le pipeline en place, l’attention se porte alors sur la surveillance et l’exploitation sécuritaire de celui-ci.

Chaque pipeline est surveillé depuis des centres de contrôle sophistiqués, où des programmes informatiques veillent sans interruption à son bon fonctionnement et déclenchent une alarme s’ils détectent une fuite ou toute autre situation d’urgence. Par exemple, si un feu de forêt brûle à proximité, des dispositifs de détection avertiront le centre si les températures augmentent.

Les ordinateurs de ces centres de contrôle analysent un flux permanent de données transmises à partir des pipelines, entre autres les données acoustiques, la déformation et la température du pipeline. Les sociétés membres de CEPA améliorent sans cesse leurs technologies de surveillance et parviennent toujours à obtenir plus d’informations.

Mais ce n’est pas tout.

Des avions de surveillance survolent régulièrement le tracé des pipelines afin de garder un œil sur la bonne marche des activités. Des dispositifs appelés « racleurs intelligents » (des outils sophistiqués qui inspectent les canalisations de l’intérieur) parcourent régulièrement les pipelines pour repérer des anomalies et sont capables de détecter des problèmes éventuels plusieurs années à l’avance. En 2016, plus de 39 000 kilomètres de pipelines ont été inspectés de l’intérieur.

Les membres de CEPA effectuent également des « fouilles d’intégrité », au cours desquelles ils excavent des tronçons de pipelines afin de les inspecter visuellement et de les entretenir. En 2016 seulement, les membres de CEPA ont mené 2 696 fouilles d’intégrité.

Des technologies avancées sont mises à contribution à toutes les étapes de la planification, de la construction et de l’exploitation des pipelines. Mais la meilleure protection provient avant tout du personnel talentueux et hautement qualifié qui travaille pour les exploitants des pipelines d’énergie canadiens. Ce sont eux qui évaluent les tracés, construisent les canalisations et exercent la plus grande vigilance depuis les centres de contrôle pour veiller à ce que l’énergie qu’utilise chaque jour la population canadienne lui parvienne de façon sûre et responsable.