Un an après les incendies – 4 leçons de sécurité pour les pipelines à tirer de Fort McMurray

Cela fait maintenant un an que la ville albertaine de Fort McMurray a été ravagée par des feux de forêt. Avec un bilan de 80 000 personnes évacuées et près de 2 400 maisons et bâtiments détruits, toutes les parties impliquées ont vécu des moments pénibles et tendus.

Cette semaine, nous allons voir la façon dont les exploitants pétroliers et gaziers canadiens sont parvenus à garder en sécurité un produit hautement inflammable dans une ville en proie à un incendie.

La réaction des exploitants pipeliniers à la crise

Le fait qu’aucun pipeline ni installation n’ait pris feu au cours de cette situation d’urgence en dit long sur les protocoles de sécurité mis en place par les sociétés pipelinières. Bien entendu, il y a tout de même des leçons à tirer de cette situation. Nous avons donc parlé à Greg Schmidt, directeur principal de l’exploitation chez ATCO Pipelines, afin qu’il nous fasse part de l’expérience vécue par son entreprise durant les cinq jours d’incendie.

Greg nous a expliqué qu’ATCO est l’unique distributeur d’électricité et de gaz naturel pour la ville de Fort McMurray et certains secteurs avoisinants.

Alors que l’incendie gagnait du terrain, ATCO a demandé à ses opérateurs de salle de commande de suivre l’évolution des évènements afin d’être prêts à intervenir et a fermé les vannes pour couper l’arrivée de gaz naturel dans la ville dès que la prudence l’a exigé.

« L’une de nos stations de distribution a été complètement détruite », a affirmé Greg avant d’ajouter que la salle de commande de l’entreprise la surveillait étroitement au moyen de son système SCADA. Lorsque le système a cessé de mesurer la station, il était clair que celle-ci avait été détruite.

« Parce que nous avions isolé le gaz, la situation n’a pas empiré », a-t-il affirmé.

Après l’incendie, ATCO Pipelines a dû reconstruire la station de distribution endommagée et a effectué plusieurs fouilles d’intégrité pour s’assurer que le revêtement ou la conduite elle-même n’avaient pas subi de dégâts. Aucun employé d’ATCO n’a été blessé.

Photo gracieusement fournie par Jason Woodhead – https://www.flickr.com/photos/woodhead/26738887316/ Incendie de Fort McMurray le 1er mai 2016 cc-by-2.0.

Les apprentissages à tirer de la crise

Selon Greg, cette situation d’urgence a permis de valider de nombreux protocoles de sécurité existants et d’ouvrir des perspectives nouvelles en matière de sécurité pipelinière. Greg a notamment expliqué que « suite à ce que nous avons appris, nous réfléchissons aux endroits où installer des vannes actionnées à distance au lieu de vannes à commande manuelle. » À un certain moment, un employé de l’exploitant pipelinier d’amont, Suncor Energy, a dû être envoyé par avion pour fermer manuellement une vanne de sectionnement.

Voici quatre leçons supplémentaires à retenir de cette situation d’urgence.

No 1 Les programmes de gestion de la végétation et de débroussaillage sont essentiels pour la prévention des dommages.

Fort McMurray est entourée d’une forêt boréale. Les exploitants pipeliniers doivent donc s’assurer que leurs installations de surface sont entourées de matériaux non inflammables tels que le gravier.

« Le pourtour des sites dotés de ces caractéristiques a été roussi par le feu, a dit Greg, mais les sites plus directement bordés d’arbres ont subi des dommages plus importants. »

No 2 Être préparé porte ses fruits. 

Toutes les sociétés pipelinières possèdent des plans d’intervention d’urgence exhaustifs et mènent des exercices d’intervention conjointe qui les aident à se préparer à diverses éventualités.

« Par l’intermédiaire de CEPA, nous bénéficions aussi d’ententes d’aide mutuelle et d’exercices », a déclaré Greg. « Généralement, ceux-ci se rapportent davantage aux déversements, mais les exercices d’aide mutuelle nous ont permis de créer des relations qui nous ont bien servi durant les incendies. »

No 3 Un soutien informatique est important.

Durant la phase de rétablissement, ATCO Pipelines a constaté l’importance de pouvoir compter sur un soutien technologique et informatique dans le secteur. « Nous avons été chanceux que l’infrastructure de communication soit restée intacte tout le temps », a-t-il déclaré. « Ça nous a vraiment aidés. »

No 4 De bonnes relations de travail avec des partenaires font toute la différence. 

ATCO Pipelines a travaillé en étroite collaboration avec Suncor Energy, qui fournissait le gaz distribué en ville et qui a pris la décision de couper l’alimentation. L’entreprise a également découvert l’avantage de travailler dans une industrie où il est capital de collaborer et s’entraider.

« Ce qu’il y a d’incroyable à être membre de CEPA est que nous nous serrons les coudes dans des moments aussi difficiles que ceux-ci », a déclaré Greg avant de conclure : « Je travaille chez ATCO depuis 28 ans et c’est de loin l’évènement le plus marquant de ma carrière. Couper le gaz à une ville de 80 000 personnes, ce n’est pas une décision qui se prend à la légère. »

Pour en apprendre davantage sur la planification et les exercices consacrés à la préparation aux situations d’urgence, vous pouvez lire ces autres billets :