Trois façons de financer les technologies propres à partir des taxes sur les émissions carboniques

Au cours des dernières semaines, nous avons parlé de l’importance de trouver des solutions novatrices au changement climatique mondial. Cette semaine, nous vous parlons d’un organisme canadien qui aide à trouver et à financer ce genre de solutions.

La Climate Change and Emissions Management Corporation (CCEMC) (Corporation de gestion du changement climatique et des émissions) de l’Alberta utilise les taxes sur les émissions carboniques provenant de grands émetteurs pour investir dans les technologies propres. Le but de l’organisme consiste à réduire les émissions de gaz à effet de serre de l’Alberta et d’aider la province à s’adapter au changement climatique.

«  Nous le faisons au moyen de la découverte, du développement et du déploiement de la technologie », a expliqué Kirk Andries, directeur général de la CCEMC.

La CCEMC, organisme indépendant et libre de tout lien de dépendance envers le gouvernement de l’Alberta, reçoit de l’argent du fonds de gestion du changement climatique et des émissions de la province sous forme de subvention. L’organisme utilise ensuite cet argent pour financer des projets dans les domaines comme la capture et le stockage du carbone, l’énergie renouvelable, la production d’énergie propre, l’efficacité énergétique et l’adaptation et la réduction des émissions biologiques.

Voici quelques exemples de projets en cours.

1. Extraction plus propre des sables bitumineux

M. Andries a expliqué qu’un des projets que l’organisme finance pourrait, s’il avère efficace, « pratiquement éliminer l’utilisation de l’eau » que l’on utilise maintenant pour l’extraction in situ des sables bitumineux. Trois sociétés de sables bitumineux travaillent à  ce projet en association avec une entreprise de télécommunications de la Floride. On espère utiliser la chaleur électromagnétique combinée avec des solvants pour extraire le pétrole au lieu d’utiliser la méthode de drainage (DGMV) qui nécessite une grande quantité de ressources en eau.

2. Réduction du coût de la capture du carbone

Selon M. Andries, qui dirige également l’Institut de surveillance de la biodiversité de l’Alberta (Alberta Biodiversity Monitoring Institute) à l’Université de l’Alberta, l’obstacle à la capture et au stockage du carbone est le coût de cette capture.

«  À l’heure actuelle, le coût de la capture de carbone est trop élevé pour que cette activité soit rentable. Nous investissons donc dans des technologies conçues pour en réduire le coût afin de pouvoir passer à la capture et au stockage du carbone plus rapidement, » a précisé M. Andries.

M. Andries a fait remarquer que la CCEMC finance actuellement une entreprise du Québec qui a mis au point une technologie pouvant potentiellement réduire le coût de la capture de 40 pour cent. La solution? L’appareil respiratoire de l’homme.

«  La technologie utilisée est basée sur une enzyme que l’on trouve dans l’organisme humain », a dit M. Andries. « On semble penser que l’appareil respiratoire de l’homme soit le moyen le plus efficace pour la transformation et la capture du C02. »

3. Utilisation du carbone comme ressource

Il y a un an, la CCEMC a lancé le Grand défi qui pourrait aider à modifier notre façon de voir le CO2. Le Grand défi est un concours visant à trouver des moyens novateurs de capturer le CO2 et de l’utiliser comme ressource transformable en produits à base de carbone.

«  L’objectif est de trouver une technologie que l’on peut commercialiser ici en Alberta et qui réduirait le CO2 d’une mégatonne nette par année », a expliqué M. Andries.

Suite au premier appel d’idées novatrices, 344 propositions de 37 pays différents ont été reçues.

Le concours se déroule sur cinq ans et comporte diverses étapes de soumission, d’examen et de financement. À la fin de la période de cinq ans, le gagnant recevra la somme de 10 millions de dollars pour commercialiser sa technologie.

Et les pipelines?

La CCEMC finance également des projets novateurs dans le domaine des pipelines. Par exemple, un projet qui a été financé, envisage de transformer les émissions des turbines de gaz naturel à une station de compression des pipelines en électricité sans émissions. Cliquez ici pour lire plus sur le projet de récupération énergétique de Whitecourt.

Remarque : Mme Brenda Kenny, Ph. D., présidente et chef de la direction de CEPA, est membre du conseil de la CCEMC.


L’Association canadienne de pipelines d’énergie (CEPA) représente les sociétés canadiennes de pipelines de transport, lesquelles exploitent environ 115 000 kilomètres de pipelines à travers le Canada. En 2012, ces autoroutes de l’énergie ont acheminé environ 1,2 milliard de barils de produits de pétrole liquide et 5,1 billions de pieds cubes de gaz naturel. Nos sociétés membres transportent 97 pour cent du gaz naturel consommé quotidiennement au Canada et acheminent du pétrole brut en provenance des gisements terrestres de régions productrices vers divers marchés, principalement en Amérique du Nord.