Raffiner plus de pétrole au Canada résoudrait-il notre problème de capacité pipelinière?

L’un des grands débats à faire actuellement les manchettes est de savoir si les producteurs de pétrole canadiens devraient vendre des produits « à valeur ajoutée » en les raffinant au Canada avant de les acheminer vers les marchés. Dans ce contexte, certains suggèrent que l’augmentation du raffinage de pétrole au pays libèrerait des capacités pipelinières. La solution a l’air simple, mais dans les domaines de la production, du raffinage et du transport de pétrole, les choses sont un peu plus complexes.

Dans ce billet, nous nous intéresserons à ce que signifie le terme « valeur ajoutée » et, espérons-le, nous clarifierons quelques questions sur le raffinage et le transport du pétrole.

Qu’est-ce qu’une « valeur ajoutée »?

Cela signifie raffiner du pétrole brut et le transformer en des produits prêts à la consommation tels que l’essence, le diesel, le carburéacteur et toutes sortes d’autres produits pétrochimiques.

Environ 80 pour cent de ces produits raffinés servent à transporter des gens et des biens, ou à nous chauffer. (Pour plus de renseignements sur ce qu’on produit à partir d’un baril de pétrole, consultez notre fiche d’information sur le pétrole brut.)

Mais pour libérer des capacités pipelinières et éliminer le besoin d’accéder à de nouveaux marchés grâce à un pipeline vers des voies maritimes, la solution est-elle de raffiner davantage au Canada? La réponse n’est pas si simple, et voici pourquoi.

Considérations géographiques. Le Canada et les É.-U. sont des pays si grands qu’il est nécessaire d’importer et d’exporter des produits finis depuis des endroits faciles d’accès des deux côtés de la frontière, afin de contrôler les coûts et les délais de leur transport.

C’est parce que certains produits raffinés peuvent avoir une date d’expiration. L’essence, par exemple, a une durée de conservation de quelques mois seulement. La volatilité de l’essence diminue assez rapidement, alors que c’est cette même volatilité qui lui permet de s’enflammer et de faire fonctionner votre voiture. C’est une autre raison importante qui incite à raffiner l’essence à proximité du marché auquel elle est destinée, de sorte à la raffiner, à la transporter et à la consommer rapidement.

Chaque marché possède des besoins propres. En Europe, la plupart des voitures roulent au diesel, tandis que les É.-U. n’en utilisent qu’assez peu. Il serait difficile de raffiner exactement les quantités et les types de carburants dont ont besoin différents endroits dans le monde. Par conséquent, nous fournissons du pétrole brut, qu’on peut ensuite transformer en des produits spécifiquement adaptés à chaque marché.

Nous devons donner aux consommateurs ce qu’ils désirent. Au Canada, la plupart des consommateurs de pétrole désirent un produit brut. Les É.-U., notre principal client, possèdent leurs propres raffineries et voudraient les garder en activité, tout comme nous voulons voir les nôtres tourner à plein rendement. Si nous ne les approvisionnions pas en pétrole, d’autres s’en chargeraient.

Ces facteurs (et bien d’autres encore) entrent en jeu lorsqu’on envisage de raffiner du pétrole brut au Canada et de transporter des produits « à valeur ajoutée ». Le fait est qu’on peut vendre du pétrole brut à de nombreux consommateurs différents, qui l’utiliseront tous de façon différente. Dès qu’on le transforme en un produit précis et périssable, il devient beaucoup plus difficile à vendre.

Les sociétés de pipelines de transport canadiennes se sont engagées à acheminer de façon sûre et responsable l’énergie du Canada, qu’il s’agisse de faire parvenir du pétrole brut vers les raffineries ou des produits finis vers les consommateurs.