Projet de stockage par pompage de TC Énergie : l’un des plus importants projets d’énergie verte au Canada

Le réseau en Ontario produit trop d’électricité, ce qui entraîne du gaspillage et des pertes financières pour la province. TC Énergie propose de régler le problème grâce à un projet de 3,3 milliards de dollars. Une fois mis en service, ce projet de stockage par pompage fera économiser 250 millions de dollars par année aux contribuables ontariens et réduira les émissions de gaz à effet de serre (GES) d’environ 500 000 tonnes par année.

Pourquoi l’Ontario produit-il un surplus d’électricité?

L’Ontario tire son approvisionnement en électricité de plusieurs sources, soit l’énergie nucléaire, éolienne, solaire et hydraulique, ainsi que des centrales au gaz. « Mais comme l’énergie éolienne et solaire fournit de l’électricité à des moments imprévisibles, la province dispose généralement d’un approvisionnement excédentaire la nuit, tout en dépendant de la production à partir de gaz naturel pour répondre à la demande de pointe le jour. » (Source : Canadian Energy Centre. Mai 2020.) La province abrite certaines installations de stockage d’énergie à grande échelle pour conserver ce surplus d’énergie et le vend à perte à d’autres provinces et aux États-Unis. En l’absence d’acheteurs, l’énergie est gaspillée.

La solution : équilibrer l’offre et la demande d’électricité

Le projet de stockage par pompage de TC Énergie proposé à Meaford, en Ontario, stockera le surplus d’électricité afin de l’utiliser durant les heures de pointe. Voici comment.

Tard en soirée, lorsque la demande est faible, on pompera de l’eau de la baie Georgienne dans un réservoir de stockage installé en amont sur des terres appartenant à l’armée canadienne. Lorsque la demande est forte durant la journée, l’entreprise relâchera l’eau dans le lac au moyen de turbines, produisant ainsi jusqu’à 1 000 mégawatts d’énergie hydroélectrique.

« Le projet de stockage par pompage est l’une des plus grandes initiatives liées aux changements climatiques au Canada à l’heure actuelle, affirme Jennifer Link, spécialiste principale des communications à TC Énergie. Il réduira les émissions de GES d’une quantité équivalant au retrait d’environ 150 000 voitures des routes par année. Il apportera de plus un soutien polyvalent et souple au réseau d’électricité en Ontario donc. Par exemple, en cas de panne d’électricité, il pourra relâcher de l’eau très rapidement pour rétablir la production d’électricité. »

Obtention des commentaires du public

Mme Link ajoute que bien que le projet de stockage par pompage en soit à l’étape de concept, TC Énergie en discute déjà avec la collectivité de Meaford, bien avant le calendrier réglementaire. (Meaford est une municipalité d’environ 10 000 habitants.) L’entreprise consulte en outre le ministère de la Défense nationale et travaille de près avec lui, car les installations devront co-exister avec le Centre d’instruction de Meaford.

« Comme le processus ne fait que commencer, nous pouvons intégrer les commentaires de la communauté à la conception du projet, précise Mme Link. En fait, nous avons déjà modifié trois grands éléments en fonction de la rétroaction de la communauté. »

Plusieurs avantages locaux, provinciaux et nationaux

Une étude économique menée sur place par ERM pour TC Énergie a cerné des avantages appréciables. Les dépenses locales durant la construction pourraient s’élever à environ 750 millions de dollars. TC Énergie s’attend à ce que le processus d’évaluation environnementale soit lancé d’ici la fin de 2020, et à ce que les travaux de construction commencent en 2023 et se terminent en 2028.

« Si le Canada veut atteindre la neutralité carbone, nous devons être en mesure de stocker de l’électricité propre, conclut Mme Link. Le projet de stockage par pompage permettra à l’Ontario d’utiliser son réseau actuel de manière plus efficace et rentable, tout en réduisant son empreinte de GES. »

Le projet de stockage par pompage est un autre exemple de l’engagement des membres de CEPA à équilibrer le bouquet énergétique du Canada avec des énergies vertes de remplacement.