Pourquoi le Canada a besoin de pipelines supplémentaires

Les Canadiens désireux d’en savoir plus sur les pipelines continuent à nous faire parvenir d’excellentes questions. Il s’agit d’une conversation importante et nous nous efforçons donc de répondre à chacune d’entre elles. Nous avons donc consacré une partie du blogue d’À propos des pipelines à fournir des réponses plus élaborées à certaines questions et à les diffuser plus largement. Cette semaine, notre billet répond à une question concernant le besoin de construire des pipelines supplémentaires.

Si vous avez des interrogations sur les pipelines de transport d’énergie au Canada, nous aimerions les connaître.

Les pipelines d’énergie transportent-ils du pétrole qui servira à produire d’autres produits pétroliers que l’essence? La demande est-elle si importante que nous ayons besoin de nouveaux pipelines?

Oui, nous avons besoin de pipelines supplémentaires. Examinons pourquoi.

Les pipelines d’énergie canadiens transportent bien plus que du pétrole destiné à produire de l’essence. Ils acheminent aussi du pétrole (et du gaz naturel) qui servira à produire de l’électricité, à chauffer nos foyers pendant l’hiver et à cuisiner. Un vaste éventail des objets quotidiens que nous tenons pour acquis contient vraisemblablement des éléments issus du pétrole ou du gaz, depuis les chaussures, les vêtements, les appareils ménagers et les meubles jusqu’aux jouets, en passant par les pneus et les véhicules (ainsi que les routes sur lesquelles nous conduisons), les matériaux de construction et bien d’autres encore.

Il existe deux types de pipelines de transport : les pipelines de liquides et les gazoducs. Les pipelines de liquides acheminent du pétrole brut et des liquides de gaz naturel (p. ex. du condensat, du propane et de l’éthane) vers les raffineries et les usines pétrochimiques, où on les transforme en différents produits, dont l’essence, le diesel, le carburéacteur et les matières premières qui entrent dans la composition du plastique.

Les membres de l’Association canadienne de pipelines d’énergie (CEPA) exploitent les pipelines de transport qui acheminent du pétrole, du gaz naturel et d’autres produits depuis les raffineries vers les terminaux de distribution et les utilisateurs finaux, comme le carburéacteur destiné aux aéroports. La demande est forte pour les produits transportés par pipelines et par conséquent, la demande de pipelines l’est aussi.

 

Pas assez de pipelines = des prix plus bas pour les produits pétroliers et gaziers du Canada

Dans son rapport World Energy Outlook 2018 (perspectives énergétiques mondiales pour 2018), l’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit que la demande énergétique mondiale augmentera de 25 % d’ici 2040, une croissance largement attribuable à la demande des pays en développement. Le Canada est bien placé pour répondre à cette hausse. Nous possédons les troisièmes réserves prouvées de pétrole et de gaz en importance dans le monde, ainsi que des normes et des pratiques avant-gardistes sur les plans de la sécurité, de la protection de l’environnement et de la responsabilité sociale.

Un récent rapport de l’Office nationale de l’énergie intitulé Avenir énergétique du Canada conclut que nous disposons du potentiel pour accroître la production de nombreuses formes d’énergie, tant renouvelables que fossiles. Cependant, l’un des facteurs qui continuent à nous empêcher d’accroître la production est notre capacité à transporter ces produits vers les marchés. En d’autres termes, nous sommes freinés par le manque d’accès aux marchés pour nos ressources énergétiques.

Les membres de CEPA exploitent près de 135 000 kilomètres de pipelines de transport dans tout le Canada et les États-Unis, fournissant ainsi des produits pétroliers et gaziers à notre pays ainsi qu’aux consommateurs américains. La demande la plus pressante concernant la construction de nouveaux pipelines est due au besoin urgent d’exporter les produits pétroliers et gaziers canadiens vers les marchés mondiaux, ce qui nous permettrait de vendre nos ressources à leur juste valeur et de réduire notre dépendance au marché américain. Plusieurs raisons expliquent cela :

La hausse de la demande mondiale de gaz naturel

  • Selon l’AIE, la demande mondiale de gaz naturel est en pleine augmentation, surtout en Chine, où il sert à alimenter la croissance économique et à améliorer la qualité de l’air.
  • La quasi-totalité du gaz naturel canadien est exportée aux États-Unis. Toutefois, la demande américaine a chuté depuis 2007 en raison de la forte augmentation de la production de gaz de schiste dans le pays. En conséquence, le prix du gaz naturel provenant de l’Ouest canadien est maintenant parmi les plus bas au monde.
  • Au cours des derniers mois, le gaz naturel canadien s’est vendu jusqu’à un tiers du prix du gaz américain et, parfois, à près d’un dixième du prix qu’il pourrait obtenir sur de nouveaux marchés tels que la Chine, le Japon, la Corée et l’Inde.
  • Afin de recevoir de meilleurs prix pour leur gaz naturel, les producteurs doivent étendre leurs liens commerciaux à des endroits où la demande est plus élevée et réduire leur dépendance au marché des États-Unis. Cela signifie construire des gazoducs supplémentaires vers les côtes canadiennes pour répondre à l’augmentation de la demande mondiale de gaz naturel liquéfié (GNL).

Les grands écarts de prix pour le pétrole brut canadien dus au manque de capacité pipelinière

  • L’écart de prix qui touche le pétrole brut de l’Ouest canadien n’est pas moindre. Cet écart a été particulièrement remarqué à la fin 2018, lorsque le prix brut canadien (commercialisé sous le nom de « Western Canadian Select ») est descendu jusqu’à 14 $ le baril.
  • Il s’agit d’un rabais d’environ 40 $ à 50 $ comparé au West Texas Intermediate (WTI). Et une fois encore, il provient du manque de capacité à transporter nos produits par pipeline vers les marchés qui en ont besoin.

Le secteur canadien des ressources énergétiques représente des dizaines de milliers d’emplois de grande qualité dans toute l’industrie, en plus de contribuer pratiquement à 11 pour cent du produit intérieur brut (PIB). Il est donc raisonnable de conclure que la population canadienne bénéficierait grandement de la mise en marché à un prix juste de ses produits pétroliers et gaziers en vue de répondre à l’augmentation de la demande énergétique mondiale. De surcroît, les pays qui cherchent à diminuer leur dépendance au charbon profiteraient également d’un combustible plus propre et produit de manière responsable pour combler leurs besoins en énergie. C’est pour cela que nous avons besoin de pipelines supplémentaires.