Points de vue sur les pipelines : un chef autochtone parle de confiance

La série de blogues sur les « Points de vue sur les pipelines » porte sur des opinions de critiques et de parties prenantes qui ont accepté de partager leurs idées et préoccupations en participant au Comité consultatif externe (EAP) de CEPA. Lire plus sur le Comité EAP ici.

KM-Sept-2014

Keith Matthew, ancien chef de la Première nation de Simpcw

Les sociétés de pipelines doivent gagner la confiance des collectivités autochtones. Les connaissances des Autochtones sur la terre, les forêts, l’eau et la faune peuvent aider à améliorer l’intégrité environnementale des opérations pipelinières. De plus, les nouveaux projets de pipelines requièrent l’appui des collectivités autochtones avant de pouvoir être construits.

Seulement, comment les pipelinières peuvent-elles prouver aux peuples autochtones qu’elles sont dignes de confiance?

Keith Matthew, ancien chef de la Première nation de Simpcw (dont la majeure partie du territoire traditionnel se trouve au centre de la Colombie-Britannique) et membre du Comité consultatif externe, partage quelques réflexions au travers de cette série de questions-réponses.

Lire la biographie complète de Matthew.

Q : Que doit faire l’industrie des pipelines pour gagner la confiance des Canadiens?

R : L’industrie des pipelines doit expliquer clairement aux Canadiens son rôle de gardien de l’environnement par le biais de discussions avec tous les gens qui vivent le long des tracés proposés pour les pipelines. Pour obtenir la confiance des Canadiens, elle doit clairement énoncer ses objectifs à l’égard de l’environnement et de la sûreté dans le cadre de ces projets, ainsi que l’impact positif qu’ils pourraient avoir sur les gens qui vivent le long des tracés proposés.

Q : Comment l’industrie des pipelines peut-elle gagner la confiance des collectivités autochtones? 

R : Gagner la confiance des Autochtones sera beaucoup plus difficile. Le message doit être clair et cohérent, sans aucune référence au fait que les Autochtones sont des parties prenantes. Pour les Autochtones, c’est une autre façon de minimiser leurs traités protégés par la Constitution et leurs droits ancestraux.

Les promoteurs industriels doivent rencontrer les Autochtones chez eux, sur leur territoire, et avoir des conversations sérieuses. Ces rencontres ne devraient pas tourner autour de publications reluisantes ou de présentations alléchantes; elles doivent aider à nouer des liens. Les promoteurs doivent commencer par écouter les Autochtones et leurs expériences, qu’elles soient liées directement aux pipelines ou non. La priorité des Autochtones, c’est avant tout d’être entendus.

Q : Croyez-vous que les relations entre les collectivités autochtones et les sociétés de pipelines puissent être mutuellement profitables?

R : Oui, je crois qu’il peut y avoir des relations mutuellement profitables entre les sociétés de pipelines et les collectivités autochtones.

Q : Quelles conditions doit-on instaurer si on veut établir ces relations?

R : Si on veut que cela marche, il doit y avoir un respect mutuel.

Bien qu’il soit très difficile de négocier, les sociétés de pipelines commencent à conclure des arrangements avec les collectivités autochtones pour des contrats relatifs aux opérations et à l’entretien. C’est logique, car la main-d’œuvre manque et les jeunes ne sont pas toujours disposés à travailler loin de leur ville.

Les compagnies pipelinières doivent faire preuve de patience parce qu’il est nécessaire que les collectivités autochtones reçoivent un apprentissage et une formation. C’est faisable, mais les deux parties doivent se montrer patientes.

Q : Selon vous, quel sera le rôle des pipelines pour l’avenir du Canada? Que doit faire l’industrie pour s’assurer que cela se produise?

R : Les pipelines jouent un rôle essentiel pour l’économie canadienne.

L’Alberta doit se montrer plus attrayante pour le reste des Canadiens. Les Albertains doivent dépasser le fait qu’un Programme énergétique national n’a pas abouti et reconnaître le besoin d’un débat sur l’énergie, quelle qu’en soit la forme, et tendre la main à ceux diamétralement opposés aux sables bitumineux.

Il doit y avoir un dialogue ouvert entre les collectivités autochtones et les gouvernements fédéral et provincial pour chercher de nouvelles solutions qui leur permettront de résoudre l’impasse dans laquelle ils se trouvent actuellement. La définition de la folie est de faire la même chose encore et encore et de s’attendre à des résultats différents. Notre communauté autochtone (au Canada) possède les réponses, mais il lui manque encore le bon public et la volonté d’essayer quelque chose de nouveau.

Quel est votre point de vue sur les pipelines?

Dites-nous quel rôle les pipelines seront appelés à jouer dans l’avenir du Canada ou partagez votre histoire dans les médias sociaux en utilisant le mot-clic #PlusQueDelÉnergie.


L’Association canadienne de pipelines d’énergie représente les sociétés canadiennes de pipelines de transport, lesquelles exploitent environ 115 000 kilomètres de pipelines à travers le Canada. En 2013, ces autoroutes de l’énergie avaient acheminé environ 1,2 milliard de barils de produits de pétrole liquide et 5,3 billions de pieds cubes de gaz naturel. Nos membres transportent 97 pour cent du gaz naturel consommé quotidiennement au Canada et acheminent du pétrole brut en provenance des gisements terrestres de régions productrices vers divers marchés nord-américains.