Points de vue sur les pipelines : forces et faiblesses du réseau pipelinier canadien

La série de blogues sur les « Points de vue sur les pipelines » porte sur des opinions de critiques et de parties prenantes qui ont accepté de partager leurs idées et préoccupations en participant au Comité consultatif externe (EAP) de CEPA. Lire plus sur le Comité EAP ici.

Vous avez sans doute déjà entendu l’expression « qui n’avance pas recule ».

Les pipelinières savent qu’elles doivent constamment améliorer leur performance pour mériter la confiance des Canadiens. C’est pour cette raison que CEPA est à l’écoute de la rétroaction de gens de l’extérieur de l’industrie, notamment des personnes comme M. Bob Page. Ph. D.

Page est directeur de l’Alberta Environmental Monitoring Evaluation and Reporting Agency et compte des décennies d’expérience à trouver un terrain d’entente entre le développement et la durabilité. En tant que membre du Comité consultatif externe (EAO) de CEPA, il partage avec nous son point de vue sur les moyens d’améliorer la performance des pipelines et la crédibilité aux yeux du public.

Page, qui est également président du Conseil international des normes environnementales (normes ISO de la série 14 000) basé à Genève (Suisse), répond franchement aux questions suivantes sur les forces et les faiblesses du réseau pipelinier canadien.

Q : Quelle est selon vous la plus grande force de l’industrie pipelinière canadienne?

R : Notre plus grande force est notre expérience et nos compétences professionnelles à construire des canalisations qui sont parmi les plus longues et les plus difficiles au monde.

Q: Qu’est-ce qui vous préoccupe le plus dans cette industrie?

R : De nos jours, ma principale préoccupation est le manque de crédibilité aux yeux du public et l’absence de confiance dans l’industrie. Je voudrais que CEPA soit un chef de file dans la conception et la mise en œuvre de nouvelles normes ISO (Organisation internationale de normalisation) d’intégrité des pipelines pour démontrer son leadership et son engagement envers l’intégrité des pipelines pour elle-même et l’industrie.

Le public pense que les pipelines sont défectueux et que les fuites sont fréquentes; en travaillant avec un chef reconnu en matière de normes (ISO à Genève), nous attestons, aux yeux du public, que nous sommes un chef dans la conception et la mise en œuvre des meilleures normes pipelinières au monde.

Q : Vous avez une vaste expérience à trouver un terrain d’entente entre la durabilité environnementale et le développement économique. Quelles sont les forces de l’industrie pipelinière canadienne en ce qui concerne la réduction de l’impact sur l’environnement? Quelles sont les améliorations que l’industrie doit apporter?

R : Le Canada et l’industrie pipelinière ont une vaste expérience à trouver un terrain d’entente relativement à l’environnement, aux Premières nations et au développement économique dans certains des climats les plus rigoureux au monde.

Le Canada et l’industrie pipelinière ont une vaste expérience à trouver un terrain d’entente relativement à l’environnement, aux Premières nations et au développement économique dans certains des climats les plus rigoureux au monde.

Il nous faut maintenant une nouvelle politique et des innovations technologiques. Il nous faut des discussions fondées sur des données probantes, et l’industrie doit communiquer son message au moyen de tiers indépendants (à savoir des groupes de réflexion et des universités) compte tenu de la crédibilité aux yeux du public qui manque à l’industrie et aux gouvernements.

L’industrie doit être plus claire dans ses communications scientifiques et technologiques et sa prise de risque en parlant par l’intermédiaire de tiers. Nous devons reconnaître que malgré tous nos efforts, nous sommes en train de perdre la lutte pour l’appui du public.

Q : Quel rôle les pipelines peuvent-ils jouer dans l’avenir durable du Canada?

R : Nous vivons dans une ère de transition des combustibles fossiles aux carburants de substitution. Cependant, nous aurons besoin de pétrole et de gaz naturel, surtout dans les pays en développement, pendant encore très longtemps. En cette période de transition, les pipelines transportent le pétrole et le gaz sur terre de la manière la plus économique, la plus sécuritaire et celle qui convient le mieux à l’environnement. Notre quête sur la solution parfaite nous empêche parfois de voir la meilleure solution.


Vous désirez un autre point de vue? Lisez les billets des autres membres du Comité EAP de CEPA :


L’Association canadienne de pipelines d’énergie représente les sociétés canadiennes de pipelines de transport, lesquelles exploitent environ 115 000 kilomètres de pipelines à travers le Canada. En 2013, ces autoroutes de l’énergie avaient acheminé environ 1,2 milliard de barils de produits de pétrole liquide et 5,3 billions de pieds cubes de gaz naturel. Nos membres transportent 97 pour cent du gaz naturel consommé quotidiennement au Canada et acheminent du pétrole brut en provenance des gisements terrestres de régions productrices vers divers marchés nord-américains.