L’industrie chimique canadienne : tous les bons ingrédients de la relance économique

Vous seriez peut-être surpris de savoir que plus de 70 000 produits de tous les jours sont le résultat de la chimie. Le matelas sur lequel vous dormez, les vêtements que vous portez, la nourriture que vous consommez, le gaz naturel qui vous chauffe et les pipelines qui le transportent.

Cette semaine, Bob Masterson, président et chef de la direction de l’Association canadienne de l’industrie de la chimie (ACIC) a pris le temps de s’entretenir avec À propos des pipelines du rôle que l’industrie chimique peut jouer dans la reprise de l’économie au Canada.

Bob Masterson, président et chef de la direction de l’Association canadienne de l’industrie de la chimie (ACIC)

Dans une récente publication, vous avez parlé de la résilience de l’industrie de la chimie durant la pandémie. Quelles en sont les principales raisons, d’après vous?

 

Il y a trois grandes raisons. Premièrement, la demande de produits se maintient en dépit de la pandémie, ce qui veut dire qu’il y a demande de produits chimiques.

Peu de personnes savent que 95 pour cent des produits finis sont issus de procédés chimiques.

Deuxièmement, nous avons commencé à nous inquiéter de la salubrité des aliments et de la propreté à mesure que la pandémie a progressé. Ce souci s’est accompagné, dans le cadre des mesures d’intervention liée à la COVID, d’une augmentation de la demande de plastiques et de produits de nettoyage pour les emballages alimentaires, l’EPI, l’alcool isopropylique et l’équipement hospitalier. De surcroît, de plus en plus de Canadiens savent maintenant que nous devons conserver les avantages des plastiques et gérer la pollution connexe. En tant qu’industrie, nous savons que nous pouvons répondre à ces attentes.

Troisièmement, l’industrie chimique applique la Gestion responsableMD, ce qui nous aide à nous préparer en vue des pires scénarios. C’est pourquoi les sociétés membres de l’ACIC possédaient des plans en cas de pandémie qu’elles ont pu mettre en œuvre rapidement. Nous étions donc préparés, même s’il y a eu quelques difficultés.

 

Pourquoi votre industrie est-elle bien placée pour participer à une reprise économique en raison de sa résilience?

 

La demande mondiale de produits chimiques et de plastiques est forte, tout comme la demande d’énergie plus propre et d’air plus pur. L’industrie canadienne de la chimie crée certains des produits chimiques aux plus faibles émissions de GES sur la planète. Nous disposons de tous les bons ingrédients, de l’expérience et des ressources à faibles émissions de carbone, et nous pouvons servir les marchés mondiaux à une fraction de l’empreinte de GES de certains autres pays. Il est toutefois nécessaire que tous les ordres de gouvernement se mettent au diapason. Il n’y a pas de raison que les gouvernements fédéral et provinciaux ne puissent pas collaborer pour assurer la reprise économique de la même façon qu’ils le font pour réagir à la COVID.

 

Quel est le plus grand avantage économique du développement de l’industrie pétrochimique pour le Canada?

 

Jetons d’abord un coup d’œil aux avantages éventuels pour les Canadiens moyens. Ils pourraient profiter d’emplois à long terme stables et bien rémunérés. Une fois créés, ces emplois demeurent et peuvent s’accompagner d’un salaire moyen élevé.

Le centre du Canada ne dépend plus de l’approvisionnement intérieur en gaz naturel, car celui-ci est importé des États-Unis. C’est pourquoi notre plus grand consommateur de gaz naturel (les États-Unis) est également notre plus grand concurrent. C’est une excellente occasion pour l’industrie chimique de traiter le gaz naturel canadien excédentaire, et les Canadiens profiteraient des retombées économiques.

La pandémie a révélé un manque de capacité de fabrication. Nous sommes devenus trop dépendants envers nos partenaires commerciaux dans ce secteur. L’industrie chimique canadienne peut satisfaire à ces besoins de fabrication.

En outre, du point de vue des changements climatiques mondiaux, la production de produits chimiques à base de gaz comporte des avantages au Canada. En effet, la demande de méthanol dérivé du charbon est forte en Asie, et particulièrement en Chine, et nous pouvons fabriquer du méthanol à partir de gaz naturel à une intensité de GES huit fois moins élevée qu’à partir de charbon.

Quels que soient les défis associés à la COVID-19, l’industrie chimique est résiliente. Les investissements sont à long terme, de 40 à 50 ans, si nous pouvons les attirer. Nous sommes également prêts à l’investissement, et nous pourrions donc saisir l’occasion d’obtenir notre juste part de la valeur du marché pétrochimique mondial.

 

Quels sont les grands enjeux qui vous empêchent de dormir?

 

Les perspectives sont positives dans l’ouest du pays, mais je suis extrêmement inquiet du fait qu’il n’y a eu aucun nouvel investissement dans le centre du Canada depuis quelque temps. C’est une région qui se trouve au cœur du secteur de la fabrication, et si nous ne réussissons pas à y attirer des investissements, l’industrie pourrait bien disparaître là-bas. Je suis convaincu que l’harmonisation entre tous les ordres de gouvernement, du sommet aux échelons inférieurs, constitue la clé.

Les membres de l’Association canadienne de pipelines d’énergie (CEPA) sont fiers de faire équipe avec l’industrie pétrochimique en transportant des produits pétroliers et gaziers vers les usines pétrochimiques de tout le pays. À propos des pipelines remercie Bob Masterson de sa participation à ce billet.