L’hydrogène fait partie de notre avenir sobre en carbone

Vous vous souvenez de vos cours de chimie au secondaire? Ce n’est pas un souvenir que vous chérissez? Alors attention : ce blogue pourrait vous rappeler vos études secondaires.

Cette semaine, nous nous penchons sur la possibilité de produire de l’hydrogène comme combustible faible en carbone à partir des abondantes ressources de gaz naturel du Canada. Et nous aborderons rapidement les implications d’une telle innovation pour notre industrie pipelinière. Notre guide est le Dr David Layzell, directeur de la recherche de l’Accélérateur de transition et directeur de la Canadian Energy Systems Analysis Research (CESAR) initiative à l’Université de Calgary.

Revenons d’abord à nos cours de chimie du secondaire. Qu’est-ce que l’hydrogène gazeux?

  1. L’hydrogène gazeux (H2) est la plus petite molécule dans la nature… elle est riche en énergie et plus légère que l’air. Son élément, l’hydrogène (H), est le plus abondant dans l’univers. L’eau contient les plus grandes quantités d’hydrogène.
  2. Les trois façons principales de produire de l’hydrogène commercial sont les suivantes : reformer le gaz naturel, gazéifier le pétrole, le charbon ou la biomasse, ou diviser des atomes d’eau à l’aide de l’électrolyse. L’Alberta produit environ trois millions de tonnes d’hydrogène par année, surtout à partir de gaz naturel.
  3. En combinant des molécules d’hydrogène et d’oxygène dans une pile à combustible, on obtient de l’électricité. Si on les réunit à l’aide de la combustion, on produit de la chaleur. Et la vapeur d’eau est la seule émission produite par la combustion d’hydrogène gazeux.
  4. Un récent rapport de l’Agence internationale de l’énergie fait remarquer que le monde souhaite utiliser l’hydrogène pour alimenter les véhicules, chauffer les édifices et produire de l’électricité. Les pipelines joueront un grand rôle dans son transport.

À propos des pipelines : Quelles sont les possibilités liées à l’hydrogène au Canada?

Layzell : Le monde est en quête de nouveaux combustibles et de nouveaux systèmes énergétiques abordables qui nous aideront à réduire les émissions. Au Canada, nous utilisons déjà de l’hydrogène comme charge d’alimentation industrielle. Nous avons maintenant la possibilité de produire de l’hydrogène faible en carbone comme combustible, ce qui a d’énormes implications pour le Canada. En effet, cela nous ouvre des portes pour bâtir un marché intérieur et d’exportation d’hydrogène gazeux, tout en investissant dans des sources d’énergie à faibles émissions.

L’hydrogène comporte des avantages par rapport à d’autres formes d’électricité à faibles émissions de carbone, car il peut être entreposé et utilisé au besoin. Et il constitue la solution de choix pour le transport de fret lourd ou pour les véhicules fortement utilisés et qui doivent être ravitaillés rapidement. De surcroît, l’hydrogène représente un élément important du processus de décarbonisation de l’acier qui sert aux pipelines.

 

À propos des pipelines : Qu’est-ce que cela signifie pour l’industrie énergétique et le secteur des pipelines?

Layzell : Nous pouvons fabriquer de l’hydrogène faible en carbone pour la moitié du coût du diesel en reformant nos abondantes réserves de gaz naturel et en entreposant (confinant) le dioxyde de carbone sous terre.

L’hydrogène en tant que combustible offre d’excellentes possibilités aux pipelines canadiens. Il est en effet possible de transformer le vaste réseau de gazoducs afin qu’il transporte de l’hydrogène. Il faudrait bien sûr du temps pour réaliser ce projet, mais je suis convaincu que nous possédons les connaissances nécessaires pour y parvenir. En fait, on mène déjà des essais au R.-U. pour transformer des gazoducs afin de transporter uniquement de l’hydrogène.

 

À propos des pipelines : Pouvez-vous nous donner des exemples de croissance de la demande mondiale?

Layzell : On utilise des piles à hydrogène dans de grands routiers, des autobus et des trains de certaines régions du monde. En Allemagne, on emploie déjà l’hydrogène pour remplacer le charbon dans la fabrication de l’acier, et l’Australie et le Japon ont conclu un accord qui prévoit une collaboration sur l’hydrogène, notamment afin de produire de l’hydrogène à partir de charbon (avec séquestration de carbone) et d’énergie solaire à des fins d’exportation au Japon.

 

À propos des pipelines : Où en sommes-nous dans l’exploitation des possibilités liées à l’hydrogène au Canada?

Layzell : Certains pays sont plus avancés que nous dans le développement de leurs marchés. Nous devons donc agir rapidement ou nous pourrions manquer cette occasion. Le Canada possède actuellement des équipes qui travaillent sans relâche pour établir des stratégies provinciales et nationales en matière d’hydrogène. Et certaines sociétés de pipelines participent déjà à l’économie de l’hydrogène nationale et mondiale.

Les membres de CEPA continueront de saisir des occasions de réduire les émissions et d’agir pour assurer aux Canadiens un avenir sobre en carbone.

À propos des pipelines remercie le Dr David Layzell pour l’information fournie.