Les sociétés pipelinières ont-elles besoin d’un « pacte social »?

Bien que l’expression « pacte social » soit maintenant passée dans les conversations au sujet de pipelines, l’idée même d’un pacte social est relativement nouvelle. L’expression a été créée par un expert-conseil des mines canadien appelé Jim Cooney à la fin du XXe siècle. Le pacte social est peut-être une nouvelle idée, mais c’est un des problèmes les plus importants de l’industrie pipelinière aujourd’hui.

« Le pacte social est avant tout une question de confiance, de respect, de rendement, d’amélioration, d’humilité et de faire incorporer ces principes dans ses activités », explique Ian Anderson, président de Kinder Morgan Canada lors de la discussion du panel sur le pacte social qui s’est tenue dans le cadre de la Conférence internationale sur les pipelines à Calgary.

Les sociétés ont compris que pour construire une nouvelle infrastructure de pipelines, elles doivent obtenir un pacte social des communautés où elles ont des exploitations.

Qu’est-ce qu’un pacte social?

Afin d’obtenir un pacte social, les pipelinières doivent d’abord être en mesure de définir ce qu’elles entendent par cette notion.

«C’est le fait d’avoir confiance en la société, qu’elle fera ce qui est bien, confiance que l’industrie veillera à la sécurité du public », dit Katie McKinnon, spécialiste dans la mobilisation des parties prenantes à TERA Environmental Consultants et experte membre du panel sur « la recherche de l’acceptation sociale ».

Le pacte social, est-il réellement si important?

Absolument.

Plus que jamais, les projets pipeliniers font l’objet de débats dans le contexte de grandes questions comme le changement climatique, la protection de l’environnement et la prospérité économique. Toutes ces questions ont une incidence sur l’avenir des Canadiens et tous les Canadiens méritent une voix au chapitre.

« Les Canadiens doivent sentir qu’on les écoute et qu’ils peuvent influencer les décisions prises », fait remarquer Jason Switzer, directeur de la consultation des entreprises au Pembina Institute, organisme de recherche, de défense et de consultation œuvrant pour un avenir avec de l’énergie propre.

Les pipelines sont une infrastructure essentielle ; ils transportent l’énergie que les Canadiens utilisent tous les jours. Les ressources énergétiques sont une partie importante de la prospérité économique du pays. Cependant, les risques de changement climatique sont aussi réels. Afin de trouver un équilibre entre durabilité et prospérité, les partisans et les opposants des pipelines doivent travailler ensemble pour trouver la solution qui convient le mieux au Canada.

« Quant au changement climatique et à l’intégrité environnementale, il existe un terrain d’entente. Nous voulons tous la même chose », dit M. McKinnon.

Que font les pipelinières pour obtenir ce pacte social? 

L’industrie est à l’écoute des Canadiens et sait que pour mériter leur confiance, les sociétés doivent communiquer de manière transparente et écouter judicieusement les parties prenantes.

« Il faut de la considération et de l’engagement pour les préoccupations des parties prenantes depuis le tout début et à chaque étape d’un projet (pipelinier) » dit M. Switzer.

L’industrie sait également que sa réputation auprès des Canadiens dépend de sa capacité à exploiter les pipelines en toute sécurité. C’est pour cette raison que les sociétés travaillent ensemble dans le cadre de programmes comme Priorité intégrité de CEPA pour réaliser l’objectif collectif de zéro incident.

« L’industrie veut et doit adopter des pratiques, des procédures et des protocoles plus stricts que les exigences réglementaires », explique M. Anderson.

Lire comment les sociétés pipelinières travaillent ensemble pour mériter la confiance des Canadiens.

Ce billet est le quatrième d’une série de quatre dont les informations proviennent de la Conférence internationale des pipelines qui s’est déroulée à Calgary du 29 septembre au 3 octobre. Plus de 1 400 professionnels venus du monde entier ont assisté à la conférence.

Lire les autres billets de la série :


L’Association canadienne de pipelines d’énergie représente les sociétés canadiennes de pipelines de transport, lesquelles exploitent environ 115 000 kilomètres de pipelines à travers le Canada. En 2013, ces autoroutes de l’énergie avaient acheminé environ 1,2 milliard de barils de produits de pétrole liquide et 5,3 billions de pieds cubes de gaz naturel. Nos membres transportent 97 pour cent du gaz naturel consommé quotidiennement au Canada et acheminent du pétrole brut en provenance des gisements terrestres de régions productrices vers divers marchés nord-américains.