Les sociétés de pipelines agissent face à un tueur de récoltes canadiennes (partie 2)

Le billet de la semaine dernière se penchait sur la hernie du chou, un pathogène envahissant qui s’attaque aux récoltes de canola et menace sérieusement le gagne-pain des agriculteurs et agricultrices. Cette semaine, nous aborderons les mesures que prennent les sociétés de pipelines de transport pour s’assurer qu’elles ne propagent pas la hernie du chou lors de leurs activités de construction, de remise en état et d’entretien.

Ce billet poursuit la conversation entreprise avec Dave Kerr, directeur et chef du secteur Marché pétrolier et gazier pour Golder Associés :

Q : Que font les sociétés pipelinières pour s’assurer qu’elles ne contribuent pas au problème?

Kerr : « Les sociétés pipelinières comprennent qu’elles ont à s’acquitter d’un devoir de diligence lorsqu’elles planifient et construisent leurs projets de pipelines. L’époque de l’acceptation généralisée de pratiques véritablement éthiques et efficaces n’en est encore qu’à ses débuts. Cependant, des associations industrielles sont actuellement en train d’élaborer des directives et des procédures de plus en plus fréquemment adoptées en matière de pratiques exemplaires. »

Q : La gestion de la hernie du chou dépend-elle plus de pratiques exemplaires ou d’innovations?

Kerr : « Les pratiques exemplaires font l’objet d’un développement actif, mais de nombreuses innovations font également leur apparition concernant la façon de les appliquer. Cette année, nous avons participé à plusieurs projets impliquant l’utilisation d’outils de détection, des échantillonnages sur le terrain et des analyses en laboratoire, en plus d’avoir recueilli des commentaires de la part de propriétaires fonciers. »

Kerr a décrit ceci comme une approche en trois temps :

1. Évaluer la probabilité de la présence de hernie du chou :

On recourt à un système d’information géographique (SIG) afin de déterminer les secteurs à risque (par exemple, les secteurs mal drainés et peu élevés ainsi que les points d’accès aux champs, où les machines agricoles et le matériel entrent et sortent.) On choisit des points d’échantillonnage dans le champ en fonction de ces données et des conditions naturelles de l’emprise du pipeline, puis on les cartographie ensuite à l’aide de photographies aériennes pouvant être analysées à diverses échelles (à la manière du type de cartographie réalisé par Google Earth).

2. Échantillonnage des champs :

Le personnel des sociétés pipelinières (les équipes d’échantillonnage) inspecte tous les points de prélèvements et consigne les données sur une tablette afin de pouvoir les télécharger en temps réel vers une base de données du bureau central.

L’analyse du sol est alors effectuée par un laboratoire agréé, puis enregistrée dans une base de données intégrée. Celle-ci contient également l’historique de l’utilisation des terres (par exemple la rotation des cultures de canola) ainsi que des renseignements fournis par les propriétaires fonciers et les relevés, ce qui fournit une indication de la présence ou l’absence de hernie du chou.

Le partage de ces informations entre les sociétés pipelinières et les propriétaires fonciers permet d’élaborer des mesures d’atténuation bien plus efficaces.

3. Mesures d’atténuation :

Spraying

Lors de leurs déplacements d’un point à un autre, les équipes d’échantillonnage suivent des mesures de biosécurité rigoureuses (la biosécurité est un ensemble de mesures préventives conçues pour réduire le risque de transmission de maladies infectieuses parmi les cultures et le bétail) afin de ne pas transférer de terre avec elles. Pour y parvenir, elles portent des couvre-chaussures jetables et nettoient soigneusement le matériel de prélèvement du sol, leurs bottes et leurs gants à l’aide d’un désinfectant doux.

Puis, lorsque la planification fait place à la construction, des postes de lavage sont disposés le long de l’emprise. Les mesures d’atténuation consistent entre autres à ôter toute terre arable du matériel ou à utiliser des systèmes de nettoyage à haute pression et des désinfectants, ce qui varie en fonction de la présence ou non de hernie du chou.

Les sociétés pipelinières entreprennent des démarches proactives en matière de gestion de la hernie du chou

En résumé, comment se comparent les sociétés pipelinières aux autres industries concernant la gestion de la hernie du chou?

Selon Kerr : « À l’heure actuelle, je dirais que les sociétés pipelinières sont probablement les plus actives étant donné le lien évident entre le sol, la construction et le risque potentiel qu’implique le transfert de sol. »

Pour plus d’informations sur la manière dont les sociétés de pipelines œuvrent à protéger les espèces végétales et les écosystèmes, consultez ces autres billets :

Et jetez également un œil à cette fiche d’information de CEPA afin d’en apprendre davantage sur la façon dont les pipelinières collaborent avec les propriétaires fonciers et les autres parties prenantes au cours du processus de planification des pipelines.


L’Association canadienne de pipelines d’énergie représente les sociétés canadiennes de pipelines de transport, lesquelles exploitent environ 117 000 kilomètres de pipelines à travers le Canada. En 2014, ces autoroutes de l’énergie avaient acheminé environ 1,2 milliard de barils de produits de pétrole liquide et 5,4 billions de pieds cubes de gaz naturel. Nos membres transportent 97 pour cent du gaz naturel consommé quotidiennement au Canada et acheminent du pétrole brut en provenance des gisements terrestres de régions productrices vers divers marchés nord-américains.