Les sociétés de pipelines agissent face à un tueur de récoltes canadiennes (partie 1)

Avec plus de 115 000 kilomètres de canalisations, il est inévitable que les pipelines de transport traversent des terres cultivées. Et c’est une responsabilité que les exploitants de pipelines prennent très au sérieux.

Lors de précédents billets, nous avons expliqué la manière dont les exploitants pipeliniers protègent le sol durant la construction des pipelines et en atténuent les effets sur les terres agricoles, mais cette semaine, nous allons nous pencher sur une menace plus récente et plus sérieuse qui pèse sur le gagne-pain des agriculteurs et agricultrices : la hernie du chou.

La hernie du chou est une maladie fongique qui touche les cultures de canola et occasionne des boursouflures ou des lésions au niveau de la racine. Elle peut anéantir toute une partie de la récolte et une fois qu’un champ a été infesté, il n’existe aucun moyen économique de le traiter; il ne reste plus qu’à remplacer tous les plants.

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Une hernie du chou, image courtoisie de Krista Zuzak, Université de l’Alberta

Quel rapport avec les pipelines?

Ce champignon provenant du sol se propage lorsqu’on transporte un sol depuis une zone infectée vers une zone non infectée, soit au cours de l’exploitation agricole ou de travaux d’excavation et de manutention du sol, soit avec des machines. Cela signifie que toute personne déplaçant le sol ou creusant sur des terres cultivées a un rôle à jouer pour empêcher sa propagation.

L’industrie pipelinière reconnait la gravité du problème et prend des mesures concrètes pour s’assurer qu’elle ne contribue pas à propager la maladie au cours de ses travaux de construction, ses fouilles d’intégrité et autres activités d’entretien. Afin d’en apprendre plus sur la relation entre la hernie du chou et l’industrie pipelinière, nous nous sommes entretenus avec Dave Kerr, directeur et chef du secteur Marché pétrolier et gazier pour Golder Associés. Golder fournit des services de consultation en environnement, de conception et de construction auprès d’organisations du secteur énergétique, partout dans le monde.

Q : Pourquoi les sociétés pipelinières se préoccupent-elles de la hernie du chou?

Kerr : « Les sociétés pipelinières, plus particulièrement au cours des deux ou trois dernières années, ont reconnu que les projets de construction de pipelines peuvent poser problème, car ils pourraient participer à la propagation de la hernie du chou. Ces entreprises se penchent actuellement sur la question, déclarant que, du point de vue de la gestion des risques, elles doivent contribuer activement à trouver des solutions pour empêcher que leur industrie ne propage cette maladie. »

Q : D’après ce que l’on sait, certaines sociétés pipelinières ont-elles déjà propagé la hernie du chou?

Kerr : « Pas à ma connaissance. Mais il est très difficile d’attribuer la responsabilité à qui que ce soit parce qu’elle se transfère de nombreuses façons différentes. Elle peut rester dormante dans le sol pendant une longue période de temps et survivre à des hivers rudes, notamment dans les Prairies. Elle prolifère généralement dans les basses terres humides ou les sols mal drainés, et si ces endroits se situent à proximité de terres cultivées, ceux-ci deviennent alors une source potentielle d’infection. Elle peut se propager lorsque les eaux s’écoulent, ainsi que durant le ruissellement printanier ou de fortes pluies. Elle peut également se transférer au moyen de l’érosion par le vent, qui constitue un autre véhicule de transfert du sol. »

La hernie du chou a été incluse dans l’Agricultural Pests Act [la loi contre les parasites de l’agriculture] en 2007, et les sociétés pipelinières travaillent activement à l’élaboration de pratiques exemplaires et d’autres mesures afin de s’assurer que leur exploitation ne contribue pas à sa propagation.

Revenez jeter un œil au blogue la semaine prochaine. Nous en apprendrons davantage sur les mesures en question ainsi que sur les innovations et les technologies dont on se sert au cours de ce processus.


L’Association canadienne de pipelines d’énergie représente les sociétés canadiennes de pipelines de transport, lesquelles exploitent environ 117 000 kilomètres de pipelines à travers le Canada. En 2014, ces autoroutes de l’énergie avaient acheminé environ 1,2 milliard de barils de produits de pétrole liquide et 5,4 billions de pieds cubes de gaz naturel. Nos membres transportent 97 pour cent du gaz naturel consommé quotidiennement au Canada et acheminent du pétrole brut en provenance des gisements terrestres de régions productrices vers divers marchés nord-américains.