Les options dont disposent les producteurs de pétrole brut

Les pipelines en provenance de l’Ouest canadien sont exploités à pleine capacité ou presque, et les producteurs examinent divers moyens de conquérir de nouveaux marchés pour écouler la production de plus en plus importante de pétrole brut.

Jusqu’à une époque récente, l’accent a été mis sur les projets de pipelines destinés au transport de pétrole brut jusqu’à la côte du golfe du Mexique et la côte ouest du Canada. Deux nouvelles propositions se focalisent sur le transport du pétrole brut vers l’est.

Un pipeline allant de l’ouest jusqu’à l’est pourrait desservir les marchés domestiques de l’Est du Canada ainsi que les marchés internationaux.

Pourquoi est-ce une option attrayante?

Considérez les faits suivants : bien que le Canada soit un exportateur net de pétrole brut, le pays importe environ 40 pour cent de son pétrole. Ceci s’explique par le fait que les raffineries de l’Est du  Canada (au Québec et dans les provinces de l’Atlantique) dépendent actuellement de pétrole brut importé d’outre-mer.

Selon Statistiques Canada, en 2012 (à compter d’octobre) :

Les raffineries des provinces de l’Atlantique ont importé 80 pour cent de leur pétrole brut, tandis que le Québec en a importé plus de 90 pour cent pour combler ses besoins.

Jusqu’à présent, il était moins cher d’importer du brut que de répondre aux besoins de l’est. Ce n’est plus le cas.

Non seulement un pipeline de pétrole brut allant de l’ouest jusqu’à l’est permettrait de conquérir de nouveaux marchés pour les producteurs canadiens de pétrole brut, mais il serait aussi bénéfique pour l’Est du Canada.

Comment donc l’acheminement de pétrole brut provenant de l’ouest jusqu’aux raffineries de l’est serait-il avantageux pour le Québec et les provinces de l’Atlantique (comme d’ailleurs pour tout le Canada)?

Il augmenterait les marges de raffinage des raffineurs de l’Est du Canada.

Les données relatives aux prix du pétrole pour 2012 fournies par MJ Ervin & Associates, société de recherche et de conseil spécialisée dans l’industrie pétrolière aval, indiquent que les raffineurs de l’Est du Canada ont actuellement des marges de raffinage beaucoup plus basses que celles de leurs collègues de l’O uest.

Selon Mike Ervin, Président de la société, l’apport de brut de l’Ouest améliorerait ces marges, ce qui aurait des répercussions positives sur leur stabilité économique – et serait par suite avantageux pour les consommateurs.

« L’accès au pétrole brut de l’Ouest permettrait aux raffineurs de l’Est du Canada d’améliorer leurs marges de raffinage : ceci se produirait à un moment opportun, étant donné que les raffineurs de la côte est du Canada et des États-Unis ont du mal à maintenir leur viabilité financière, » a-t-il déclaré.

« Il est aussi important pour les consommateurs que pour les sociétés pétrolières elles-mêmes de maintenir l’exploitation de ces raffineries – cela contribuera à assurer la sécurité de l’approvisionnement domestique en produits tels que l’essence et le carburant diesel. Nous voulons tous être sûrs que les stations-service ont de l’essence à vendre quand on vient faire le plein. »

Une réduction de la dépendance envers les produits d’importation améliorerait la santé de l’économie canadienne.

Lors de l’achat de brut canadien, les fonds demeurent dans les caisses des producteurs canadiens. Ceci aura un impact positif sur l’économie canadienne. 

« La réduction de l’importation de pétrole brut (en faveur du brut domestique) procurerait de gros avantages à l’économie canadienne – cela améliorerait la balance commerciale de notre pays et renforcerait par suite l’économie canadienne, » déclare M. Ervin.


L’Association canadienne de pipelines d’énergie (CEPA) représente les sociétés de pipelines de transport qui exploitent 110 000 kilomètres de pipelines à travers le Canada. En 2011, les sociétés membres de la CEPA ont transporté environ 5,3 billions de pieds cubes de gaz naturel et 1,2 milliard de barils de pétrole brut et de produits pétroliers raffinés. Les sociétés membres de la CEPA transportent 97 pour cent de la production quotidienne de gaz naturel et de pétrole brut des régions productrices vers les marchés d’Amérique du Nord.