Les jeunes pipeliniers ouvrent la voie pour appuyer la réconciliation avec les Autochtones

« Les jeunes d’aujourd’hui sont les leaders de demain. » – Nelson Mandela.

Cette citation est empreinte d’un grand espoir pour l’avenir, particulièrement quand on sait ce que font les jeunes professionnels de l’industrie pipelinière.

L’Association des jeunes pipeliniers du Canada (YPAC) forme la prochaine génération de leaders de l’industrie et donne déjà l’exemple dans de nombreux domaines, notamment la réconciliation avec les Autochtones.

Bâtir des ponts

La YPAC a récemment formé un comité d’inclusion des Autochtones, qui a pour but de favoriser l’inclusion et la réconciliation au sein de l’industrie pipelinière.

On retrouve à la tête du comité les coprésidents Matt Thomas et Kaella-Marie Earle, deux professionnels passionnés et intelligents qui ont un objectif ambitieux : bâtir des ponts entre les communautés autochtones et le secteur énergétique.

Mme Earle est Anishinaabe (Ojibwé, Odawa et Potawatomi) de Wiikwemkoong et de la Première Nation d’Aroland, dans le nord de l’Ontario. Elle se définissait auparavant comme une militante anti-pipeline et dit avoir organisé de grandes manifestations, et même participé à la formation « Réalité climatique » d’Al Gore. C’est un stage qui l’a menée vers le secteur énergétique.

« Le stage a complètement changé mon point de vue sur le secteur énergétique », a affirmé Mme Earle.

Elle est maintenant fière d’être employée par l’une des plus grandes sociétés de pipelines au Canada et croit que le moment est venu de réunir les deux camps.

« Nous avons vraiment la possibilité de progresser vers l’atteinte de nos objectifs, a déclaré Mme Earle. Tout le monde souhaite un bon avenir énergétique et nous pouvons nous concentrer là-dessus. »

Première étape : découvrir la culture et les valeurs autochtones

En novembre, les membres du comité ont fait leurs premiers pas en prenant part à une séance éducative menée par trois animateurs reconnus. Les dirigeants de la YPAC ont exploré la vision du monde, le savoir traditionnel, les systèmes de croyances, la culture, l’histoire et les traditions autochtones.

« C’était vraiment une expérience puissante de réunir le groupe, a dit M. Thomas. Une grande partie de notre stratégie initiale était centrée sur la découverte et le renforcement des connaissances, tant au sein de la YPAC qu’en nous-mêmes. »

Dans un résumé qu’il a rédigé après la séance, M. Thomas a mentionné son propre parcours de Canadien vers la réconciliation avec les Autochtones.

« Quand je me tourne vers l’avenir, je me dois d’en apprendre davantage au sujet des Premières Nations, des Métis et des Inuits, et d’établir avec eux des relations fondées sur le respect en tant que pionnier non autochtone au Canada, écrit M. Thomas. Je continuerai d’être un véritable allié de tous les Autochtones et j’encourage les autres à être un agent de changement positif en mettant l’accent sur l’inclusion des Autochtones et la réconciliation avec eux. »

M. Thomas ajoute que la séance n’est que le début d’un processus qui, en définitive, guidera l’élaboration de politiques et de programmes pour la YPAC.

Orienter les politiques fédérales

L’influence de ces jeunes pipeliniers se fait déjà sentir bien au-delà des politiques internes de la YPAC. Mme Earle est également l’un des neuf leaders autochtones du Canada qui orientent l’élaboration de politiques fédérales clés par l’intermédiaire du Comité consultatif autochtone de l’Agence d’évaluation d’impact du Canada. Le Comité conseille l’Agence, qui s’occupe des projets d’infrastructures assujetties à la réglementation fédérale.

« On accorde énormément d’importance à la réconciliation, précise Mme Earle. On s’attache à déterminer de quelle manière faire concrètement participer les Autochtones aux projets sous réglementation fédérale. »

Effet d’entraînement

Selon Mme Earle et M. Thomas, leur travail entraîne déjà des changements importants en favorisant un plus grand respect et une meilleure compréhension de la culture, de l’histoire et du savoir autochtones. Et, d’après eux, ce n’est que le début.

« Il y aura un effet d’entraînement, affirme Mme Earle. Toutes les personnes associées à la YPAC sont les leaders de l’industrie pétrolière et gazière de demain, et si nous nous définissons ainsi, imaginez les choses extraordinaires que cela peut produire. »