Les cinq étapes du cycle de vie des pipelines

Depuis près de 70 ans, les pipelines de transport d’énergie canadiens acheminent en toute sécurité l’énergie dont la population canadienne a besoin. Notre réseau pipelinier est considéré comme l’un des plus sûrs au monde, et c’est en grande partie grâce aux normes rigoureuses que l’on applique tout au long du cycle de vie des pipelines.

Mais lorsqu’il est question de pipelines, que signifie le terme « cycle de vie »? Si désirez le savoir, voici un bref aperçu des cinq étapes qui le composent.

Planification… et conception

La planification commence plusieurs années avant le début de la construction, dès que le promoteur du pipeline juge ce dernier économiquement viable, sachant que des clients actuels ou potentiels ont besoin de transporter un produit. C’est au cours de cette première étape, qui vise à établir la portée du projet, qu’on estime les volumes de produit et qu’on définit le point de départ et d’arrivée du pipeline, afin de déterminer le diamètre de la conduite et le nombre d’installations en surface nécessaires.

On peut alors établir un tracé préliminaire et concevoir le pipeline au moyen des activités suivantes :

  • conversations et consultations avec des propriétaires fonciers, des collectivités locales et des groupes autochtones pour recueillir des commentaires en vue de sélectionner un tracé;
  • sélection d’un tracé et détermination de la structure physique du pipeline;
  • choix de l’emplacement des installations connexes, comme des stations de compression;
  • évaluation des impacts éventuels sur l’environnement, des richesses historiques ainsi que de l’utilisation actuelle et traditionnelle des terres;
  • conception technique initiale, p. ex. analyse de la structure et de la résistance du pipeline, choix des matériaux et évaluations des risques.

 

Demande et approbation

Les demandes d’approbation contiennent toutes les informations pertinentes pour assurer l’organisme de réglementation que le projet est nécessaire, qu’il ne présente pas de dangers pour la population, que les consultations et les évaluations ont été menées en bonne et due forme, et qu’il repose sur des principes d’ingénierie solides. Ces documents portent sur :

  • le tracé proposé;
  • les détails des consultations avec les propriétaires fonciers, les collectivités et les groupes autochtones; et
  • la description du terrain et de l’environnement que le pipeline traversera.

Les promoteurs du pipeline définissent également les étapes visant à atténuer les effets sur l’environnement, comme la pollution sonore et lumineuse, le calendrier de construction et les mesures d’atténuation en période d’activités restreintes, les moyens de gestion des espèces envahissantes, la protection de l’usage des terres et des ressources à des fins traditionnelles par les Autochtones, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et les procédures de remise en état.

 

Construction (dont la planification préalable à la construction)

Au cours des étapes de planification et de construction, il est particulièrement important que le promoteur applique des mesures préventives visant à éviter ou atténuer les effets environnementaux. Les méthodes exposées par écrit doivent maintenant être mises en œuvre pour veiller à ce que le pipeline réponde à l’ensemble des normes de sécurité et des exigences réglementaires.

Sur le plan technique, les promoteurs doivent s’assurer que le pipeline est conçu, construit et exploité conformément à la norme canadienne CSA Z662.

 

Mise en service et exploitation

Le terme « mise en service » décrit le processus consistant à « brancher » le nouveau pipeline afin qu’il puisse transporter des produits. Cette étape a lieu après que le pipeline a été testé avec de l’eau, qu’on injecte à une pression au moins 25 % plus élevée que la pression d’exploitation maximum. Cette étape vise à confirmer l’absence de fuites.

Lors de l’étape d’exploitation, les activités d’ingénierie ont pour principal objectif de garantir l’intégrité du pipeline. On tient compte de plusieurs considérations environnementales, comme la réduction de la pollution sonore et lumineuse au cours des activités courantes, le contrôle de l’érosion et de la sédimentation, la conservation des espèces rares, la gestion des émissions atmosphériques, ainsi que les mesures d’atténuation et d’intervention en cas de contamination du sol et de l’eau. La gestion des urgences constitue également un aspect important.

 

Cessation d’exploitation (ou désaffectation)

L’étape finale consiste à désaffecter le pipeline, c’est-à-dire à en cesser l’exploitation. La société exploitante doit décider si elle enlèvera totalement ou partiellement le pipeline, si elle le laissera sur place ou si elle optera pour une combinaison de ces deux méthodes suivant les résultats de son évaluation des répercussions potentielles sur les terres, l’environnement et la sécurité, qu’elle mène en consultation avec les propriétaires fonciers.

Le cycle de vie des pipelines est un système compliqué qui requiert une expertise et des ressources à la pointe de l’industrie. Il s’agit d’un processus essentiel pour continuer à transporter de manière sûre et responsable l’énergie dont dépend la qualité de vie des Canadiens et Canadiennes, et ce pendant les décennies à venir.