Les carburants de l’avenir : chercher de nouveaux moyens de transporter les sources d’énergie émergentes

Alors que le Canada et le reste du monde luttent contre les changements climatiques, on explore de nouvelles sources de carburant à faibles émissions de carbone afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ces nouveaux carburants, dont l’hydrogène et le gaz naturel renouvelable, joueront un rôle important dans le bouquet énergétique des années à venir, parallèlement à d’autres sources d’énergie renouvelable comme le vent, le soleil et l’eau, ainsi qu’à des sources non renouvelables, comme le pétrole et le gaz.

L’ajout de nouveaux carburants à cette palette d’énergies nécessite des percées sur le plan de la technologie et de l’infrastructure. Il peut s’agir dans certains cas de rénover des installations pour qu’elles puissent traiter différents produits. En tant que principal moyen de transport des produits énergétiques, les pipelines constituent une pièce essentielle de ce puzzle. C’est pourquoi le transport et le stockage des nouveaux carburants sont des domaines prioritaires pour le Pipeline Research Council International (PRCI).

Le PRCI est un organisme de recherche sans but lucratif dont les membres sont les principaux exploitants de pipelines et fournisseurs de solutions techniques du monde entier. Ces membres, dont l’Association canadienne de pipelines d’énergie (CEPA), mettent leurs fonds en commun et dirigent des recherches dans des secteurs privilégiés, au profit de toute l’industrie. Les nouveaux carburants, soit actuellement l’hydrogène et le gaz naturel renouvelable, sont l’un de ces secteurs. Comme sa combustion ne produit aucune émission, l’hydrogène attire beaucoup d’attention dans le monde, notamment au Canada, en tant que carburant de l’avenir sobre en carbone.

Le PRCI examine des façons d’améliorer les réseaux de pipelines pour transporter et stocker l’hydrogène de manière sécuritaire sur de longues distances.

« Le réseau de pipelines actuel peut transporter et stocker de l’hydrogène. La question est de savoir en quelle quantité, a expliqué Cliff Johnson, président du PRCI. Toute quantité dépassant un mélange de cinq pour cent d’hydrogène et de gaz naturel s’accompagne de points d’interrogation, et nous cherchons à déterminer la quantité maximale avant de devoir améliorer le réseau. »

M. Johnson précise que le PRCI a rédigé en 2020 des rapports de pointe sur l’état des nouveaux carburants, qui indiquent un certain nombre de recherches importantes à mener au cours des trois prochaines années afin de rendre le transport et le stockage de l’hydrogène aussi sûrs que possible. Il ajoute que de nombreux exploitants mènent leurs propres recherches. Le PRCI souhaite réunir toute l’information afin de s’attaquer à la question à l’échelle mondiale et d’élaborer pour l’industrie des lignes directrices en matière de transport et de stockage dans les gazoducs actuels.

« La sûreté du transport et du stockage des nouveaux carburants ne fait pas vraiment l’objet de concurrence dans l’industrie; il s’agit plus d’un aspect sur lequel nous devons tous collaborer afin de faciliter la transition énergétique », a souligné M. Johnson.

Le PRCI se penche également sur le gaz naturel renouvelable, qui est composé de déchets organiques issus d’activités quotidiennes. D’après M. Johnson, il n’est pas nécessaire d’effectuer des recherches aussi poussées, car l’industrie comprend mieux les contaminants potentiels associés au mélange de gaz naturel renouvelable, ainsi que la façon de les atténuer. « C’est une transition plus facile à comprendre, tandis que l’hydrogène exigera du travail, » affirme-t-il.

Selon M. Johnson, il est important que l’industrie pétrolière et gazière, y compris les exploitants de pipelines, ouvre la voie aux nouveaux carburants.

En tant que l’un des dix plus grands producteurs d’hydrogène au monde, le Canada, fort d’un secteur énergétique riche et chevronné, est bien placé pour devenir un chef de file de la mise au point et de l’exportation de carburants propres et renouvelables. Les sociétés canadiennes de pipelines de transport collaborent, aux côtés de l’industrie mondiale par l’entremise du PRCI, en vue d’exploiter ce créneau et de faciliter l’évolution vers un avenir énergétique plus propre et plus responsable.

Pour prendre connaissance d’exemples d’initiatives et de projets de recherche importants auxquels participe CEPA par l’intermédiaire du PRCI, lisez notre Rapport 2020 sur la performance de l’industrie des pipelines de transport.

Nous tenons à remercier Cliff Johnson, président du Pipeline Research Council International, pour sa contribution à cet article.