Le secteur privé aux commandes des pipelines : un choix plus sécuritaire ou pas? Partie 2

La semaine dernière, nous avons examiné les raisons pour lesquelles les pipelines dépendent du secteur privé et non pas du secteur public.

Au Canada, ce sont des sociétés privées qui possèdent les pipelines et cette semaine, nous allons voir ce que cela suppose en matière de sécurité et de durabilité.

Afin d’en savoir plus, nous nous sommes entretenus une fois encore avec Glenn Booth, ancien économiste en chef et chef d’unité de travail pour l’Office national de l’énergie, aujourd’hui consultant indépendant en énergie.

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Q : Les entreprises privées se préoccupent-elles de sécurité de la même façon que le ferait le gouvernement?

Glenn : Aucune société pipelinière ne désire voir un déversement se produire sur son réseau. Cela coûte cher, les entreprises sont tenues responsables des dégâts et leur réputation en souffre. En plus, tout comme nous, les gens qui travaillent dans le secteur pipelinier veulent un environnement sécuritaire et propre pour eux-mêmes et leurs enfants.

Q : la réglementation contribue-t-elle à assurer la sécurité publique?

Glenn : Comme je viens de le dire, les sociétés pipelinières sont motivées à utiliser des réseaux sûrs, mais il est tout de même prudent de veiller à ce qu’un organisme public les surveille afin qu’elles prennent toutes les mesures nécessaires pour maximiser la sécurité. Une réglementation solide garantit que les sociétés mettent en œuvre des pratiques exemplaires en matière de sécurité.

Le bilan indique que les pipelines canadiens ont fonctionné de manière très sécuritaire au cours des 60 dernières années et il n’existe aucune preuve selon laquelle des pipelines publics seraient plus sûrs. Quelques points à garder à l’esprit lorsqu’on parle de réglementation :

  • Les organismes de réglementation ont le pouvoir d’approuver des dépenses qui favorisent la sécurité des pipelines et ils permettent aux pipelinières de recevoir un retour sur ces investissements.
  • De nos jours, la plupart des pipelinières opèrent dans le cadre de règlements incitatifs et chaque règlement concernant les pipelines sous réglementation fédérale au Canada doit être approuvé par l’Office national de l’énergie. Celui-ci s’assure que ces règlements incorporent des garanties appropriées. L’ONÉ n’approuverait pas un règlement incitatif qui compromettrait la sécurité du pipeline. Et il en va de même pour les pipelines réglementés à un niveau provincial.

Q : Les organismes de réglementation parviennent-ils à faire appliquer des mesures de sécurité sur les pipelines?

Glenn : Absolument. Ils se focalisent avant tout sur la sécurité, puis effectuent des inspections, des vérifications et des enquêtes afin de s’assurer du bon respect de la réglementation. Le Canada possède un bilan de sécurité exceptionnel. Voyez plutôt :

  • Aucun pipeline canadien n’a subi de véritable déversement pétrolier majeur de l’ampleur de certains accidents survenus aux États-Unis.
  • Depuis la création de l’ONÉ en 1959, aucun membre du public canadien n’a été tué des suites d’un déversement de pétrole.
  • Au cours de la première décennie de ce siècle (2000 – 2009), la quantité moyenne de produit déversé par année pour tous les pipelines de ressort fédéral était de 642 m3 (642 000 litres), soit un volume infime par rapport aux millions de barils transportés chaque année. De plus, la majorité de ces déversements a été confinée à l’intérieur de terres appartenant aux sociétés pipelinières.

Les mesures de sécurité sont en place

Les exploitants pipeliniers canadiens sont soumis à des règlements stricts et exhaustifs. Et les mesures prises pour faire appliquer ces règlements se sont traduites par un bilan de sécurité extrêmement positif pour le Canada. Même si les pipelinières continueront toujours de s’efforcer de parvenir à zéro incident, je crois que la réglementation fait le nécessaire pour protéger les Canadiens et l’environnement.

Pour en savoir plus sur le bilan de sécurité des pipelines, consultez notre Rapport 2015 sur la performance de l’industrie pipelinière.


L’Association canadienne de pipelines d’énergie représente les sociétés canadiennes de pipelines de transport, lesquelles exploitent environ 117 000 kilomètres de pipelines à travers le Canada. En 2014, ces autoroutes de l’énergie avaient acheminé environ 1,2 milliard de barils de produits de pétrole liquide et 5,4 billions de pieds cubes de gaz naturel. Nos membres transportent 97 pour cent du gaz naturel consommé quotidiennement au Canada et acheminent du pétrole brut en provenance des gisements terrestres de régions productrices vers divers marchés nord-américains.