Le rapport récent de Radio-Canada sur les incidents portant atteinte à la sécurité des pipelines déforme les faits de trois façons

La semaine dernière, Radio-Canada a diffusé un rapport qui suggère que les incidents pipeliniers ont doublé au Canada au cours des dix dernières années. La carte interactive présentée en ligne par Radio-Canada contient des données communiquées par l’Office national de l’énergie (ONÉ) et par d’autres sources. La façon dont ces données ont été utilisées induit le public en erreur.

Nous désirons remettre ces données dans leur contexte afin que les Canadiens puissent avoir un tableau complet de la situation. Voici trois faits que vous devriez connaître au sujet du rapport de Radio-Canada sur les incidents portant atteinte à la sécurité des pipelines.

FAIT N˚ 1 : Il ne s’agit pas uniquement de déversements. Le rapport contient des données relatives à tous les incidents liés aux pipelines sous réglementation fédérale qui se sont produits au cours des douze dernières années, y compris les blessures légères telles qu’une entorse à la cheville. Selon l’infographie de Radio-Canada, de tels incidents équivaudraient à des déversements.

L’industrie canadienne des pipelines de transport prend ses responsabilités au sérieux. Nos sociétés membres signalent tous les incidents à l’ONÉ – y compris ceux qui ne touchent pas spécifiquement les pipelines. Par suite, les données présentées par Radio-Canada englobent aussi bien le gant accidentellement brûlé par la cigarette d’un employé que la chute d’un arbre sur une ligne électrique proche d’une station de comptage.

Il est évident que ce genre d’incident n’a aucun effet direct sur les pipelines ni sur les produits qu’ils transportent; la carte de Radio-Canada insinue pourtant le contraire.

FAIT N˚ 2 : Il faut s’en tenir aux faits. Radio-Canada admet avoir comblé les trous lorsqu’il lui manquait des données 

La carte interactive utilisée par Radio-Canada pour présenter ces données est impressionnante – mais elle ne donne pas un tableau complet de la situation.

Cette société a déclaré dans sa méthodologie que la base de données de l’ONÉ contenait des lacunes. Dans de tels cas, Radio-Canada a comblé les trous « pour plus de clarté ». Ensuite, la société a demandé aux citoyens ordinaires d’ajouter leurs propres impressions à la carte – une méthode on ne peut plus subjective.

Dans le cadre d’un communiqué de presse récent au sujet du rapport de Radio-Canada, Brenda Kenny, présidente et directrice générale de la CEPA, a expliqué que si la CEPA accueille volontiers et encourage les contributions du public, il est de la responsabilité de l’organisme de réglementation de recueillir les données et l’information liées aux déversements et incidents pipeliniers.

« La CEPA écoute volontiers les histoires et les expériences du public. Nos membres rencontrent régulièrement les propriétaires fonciers afin de s’assurer de rester à l’écoute de leurs besoins », a déclaré Mme Kenny. « Cependant, le rôle d’un organisme de réglementation, en tant que parti neutre et impartial, est de collecter des informations afin de prendre des décisions dans le meilleur intérêt de tous les Canadiens. »

FAIT N˚ 3 : L’augmentation des incidents signalés ne signifie pas qu’il se produit davantage d’incidents. La notification des incidents pipeliniers a augmenté au cours des dix dernières années parce que l’industrie a signalé tous les incidents qui se produisent à l’organisme de réglementation.

De 2002 à 2012, l’industrie canadienne des pipelines de transport est fière d’avoir établi un bilan de sécurité de 99,999 % (vous pouvez vérifier nos chiffres ici), mais elle reconnaît qu’un seul déversement est encore de trop. L’industrie a pour objectif d’éliminer entièrement les fuites et à cette fin, nos sociétés membres se focalisent sur l’amélioration continue et sur une transparence accrue. Pour cette raison, il s’est produit une augmentation importante de la notification de tous les incidents au cours des douze dernières années.

Un nombre plus élevé de rapports d’incidents n’indique pas un déclin de la performance, mais plutôt une augmentation de l’information fournie à l’organisme de réglementation et au grand public.

Chez la CEPA, nous estimons qu’il est important de fournir aux Canadiens les faits relatifs à la sécurité des pipelines pour leur permettre de tenir des propos avisés sur les pipelines.

Le fait d’induire le public en erreur en utilisant une infographie qui n’explique pas le contexte crée des mythes au lieu de présenter les faits. Les Canadiens méritent mieux.