La recherche, un moteur d’améliorations continues pour la sécurité des pipelines au Canada

Avec un bilan de sécurité de 99,99 pour cent, l’industrie canadienne des pipelines de transport d’énergie se démarque de ses homologues à travers le monde, un résultat partiellement attribuable aux efforts de recherche exceptionnels déployés par certains des principaux établissements post-secondaires canadiens. L’Université de Calgary (UofC) et l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) sont deux établissements canadiens à l’avant-garde de la recherche en vue de résoudre certains des défis les plus importants de l’industrie pipelinière.

Une collaboration interdisciplinaire

Le Pipeline Engineering Centre (PEC) de la Schulich School of Engineering à l’Université de Calgary a vu le jour il y a 16 ans pour rassembler les activités de recherche dans le domaine pipelinier et favoriser la collaboration entre tous les départements d’ingénierie. Aujourd’hui, le PEC remplit son mandat en effectuant des recherches interdisciplinaires qui ont pour but d’améliorer les processus et les technologies qui entrent en jeu dans presque toutes les étapes du cycle de vie des pipelines, depuis leur construction jusqu’à leur mise hors service.

Ron Hugo, le directeur du PEC, peut énumérer un grand nombre de projets en cours axés sur ce qu’il décrit comme des « technologies de surveillance de la santé et de détection ». En d’autres termes, ces projets se penchent sur la façon dont des technologies novatrices peuvent aider les exploitants de réseaux pipeliniers à cerner des menaces potentielles avant qu’un incident ne survienne.

« Les réseaux de pipelines sont énormes, pourtant, les défauts que nous tentons de détecter peuvent être très petits. C’est pourquoi les projets de capteurs font parfois appel aux nanotechnologies et se déroulent à une échelle micromécanique, explique M. Hugo. Ces systèmes de détection peuvent repérer même de petites anomalies sur la canalisation ou dans l’atmosphère, ce qui peut nous aider à repérer très tôt des incidents potentiels. »

 

Des outils pour prendre des décisions rapides et factuelles

La détection des anomalies n’est que le début d’une série de travaux de recherche menés par le PEC. M. Hugo considère que les projets entrepris par les étudiants s’inscrivent dans un continuum qui commence à l’étape de la détection, se poursuit dans des installations où les signaux sont testés et interprétés avant que des outils et des processus ne prennent le relais pour filtrer et trier les données, et s’achève en fournissant aux exploitants les informations factuelles dont ils ont besoin pour prendre des décisions grâce à l’intelligence artificielle (IA) et à la réalité virtuelle. Voici un aperçu du genre de projet sur lequel travaille actuellement le PEC :

  • Une IA permettant de mieux analyser de vastes ensembles de données et d’aider les opérateurs des salles de commande à mieux comprendre l’état du réseau pipelinier à n’importe quel moment;
  • Un système d’enveloppe de pipeline capable de détecter même une petite goutte de pétrole en cas de fuite;
  • Une « salle de commande de poche » qui reproduit en direct les informations d’une salle de commande grâce à la réalité virtuelle;
  • Des installations de recherche électrochimique pour examiner de plus près et mieux comprendre la corrosion des pipelines;
  • Un projet conjoint qui relève à la fois du génie civil et du génie mécanique et fait appel à la modélisation et à l’expérimentation pour déterminer ce qui se passe lorsqu’une conduite vieillit dans le sol.

M. Hugo est très fier du travail accompli par le PEC en vue de préparer la future génération d’ingénieurs pipeliniers. Et il se réjouit de l’ouverture prochaine d’un nouveau laboratoire de recherche à Calgary.

« Nous l’avons appelé APRIL, un acronyme pour Advanced Pipeline Research and Innovation Laboratory, explique M. Hugo. C’est un projet en constante évolution qui permettra aux étudiants d’obtenir une formation pratique sur de nombreux aspects des pipelines. Nous pouvons y amener de la terre et des conduites, ainsi qu’un vaste éventail d’appareils qui serviront à analyser des liquides, à mettre au point des capteurs et bien plus. » Gardez un œil sur le blogue d’À propos des pipelines pour en apprendre davantage à ce sujet.

Le Pipeline Integrity Institute (PII) de la faculté des sciences appliquées de la UBC participe aussi activement à des programmes de recherche qui auront une incidence favorable sur l’industrie pipelinière de l’avenir. L’institut a récemment créé le prix du génie pipelinier de l’International Pipeline Conference Foundation qui, au cours des cinq prochaines années, générera une aide financière stable pour soutenir les étudiants de premier et deuxième cycle ayant fait preuve d’intérêt et d’aptitudes dans le domaine du génie pipelinier.

Avec tant de ressources intellectuelles, de recherches et de technologies novatrices à l’œuvre pour améliorer la performance de l’industrie pipelinière, notre but de zéro incident est en passe de devenir une réalité.