La perspective d’un universitaire : les pipelines sont une bonne chose, mais on peut encore les améliorer

alan-murrayAu premier abord, le débat qui entoure les pipelines canadiens peut sembler très simple : soit vous êtes d’avis que les pipelines sont formidables pour ce pays, soit vous ne l’êtes pas. Mais entre ces deux opinions extrêmes, il existe au sein de la population canadienne une multitude de points de vue très différents, ce qui n’est pas mauvais. Les choses sont rarement aussi tranchées.

Pour Alan Murray, professeur auxiliaire au département d’ingénierie de l’Université de Calgary, les questions relatives aux pipelines ne sont pas tranchées non plus.

Les pipelines constituent une partie essentielle de nos vies, a-t-il dit au sujet de tous les types de pipelines, y compris de ceux qui transportent de l’énergie, mais « il n’existe aucun système qui soit dépourvu de défauts. »

« Il arrive à l’occasion que les pipelines subissent des défaillances, et parfois — pas toujours —, une infime partie de ces défaillances peut entrainer des conséquences plutôt graves », a déclaré Murray, qui détient un doctorat en génie civil et a passé plusieurs dizaines d’années à travailler dans les domaines de la réglementation, de la consultation et de l’exploitation des pipelines.

« Mais dans le grand ordre des choses, avec les avantages qu’en retirent les gens, il s’agit d’un équilibre dont le public doit être conscient », a-t-il ajouté.

Afin d’étayer davantage le débat sur les pipelines canadiens, voici quelques réflexions dont a fait part Murray sur les forces et les limites du réseau pipelinier canadien.

Ce que l’industrie pipelinière fait de bien et ce qu’elle doit améliorer

Concernant sa capacité à entretenir les pipelines afin qu’ils demeurent exempts de fuites, Murray décerne à l’industrie pipelinière une bonne note, expliquant qu’à cet égard, la majeure partie des sociétés « fait un très, très bon travail ».

Il précise que les fuites de pipelines sont rares parce que « les exploitants pipeliniers font preuve de diligence pour ce qui est de trouver ces fuites avant même qu’elles ne se produisent. »

Toutefois, il avertit qu’il est difficile de détecter les petites fuites une fois qu’elles se sont produites, étant donné l’aspect physique de ce système, les limites de la technologie et la taille des pipelines qui traversent notre pays. (Selon lui, tenter de détecter un défaut susceptible de provoquer une fuite reviendrait à essayer de trouver un brin d’herbe dans un secteur de la taille de 1 000 terrains de football.) La détection des fuites demeure un domaine où l’industrie « doit encore s’améliorer », a-t-il affirmé.

« Un projet de recherche est en cours afin de tenter d’améliorer cela », a-t-il dit. « Ce n’est pas comme si [l’industrie] restait les bras croisés. Elle étudie différentes méthodes de détection des fuites afin de se perfectionner. »

Le projet de recherche auquel Murray fait référence se déroule à Edmonton pour le compte du Pipeline Research Council International. Il étudie diverses technologies de détection des fuites qui permettraient aux sociétés de repérer plus rapidement les plus petites fuites.

Selon lui, d’autres secteurs de l’industrie mériteraient également des améliorations. Par exemple, il aimerait voir les exploitants de pipelines de transport réagir plus rapidement dès le moindre soupçon de fuite et appliquer systématiquement la règle des dix minutes, qui donne seulement dix minutes aux techniciens des salles de commande pour vérifier leurs données et arrêter l’écoulement du produit dans le pipeline après qu’une alerte a été déclenchée (pour simplifier, ils ont dix minutes pour déterminer si le problème est bien réel ou s’il s’agit d’une fausse alerte.)

En dépit de ces franches critiques, il souhaiterait cependant que le public soit mieux informé de la nécessité des pipelines et qu’il comprenne davantage le rôle que ces derniers jouent dans nos vies quotidiennes (comme nous permettre de chauffer nos foyers et de générer de l’électricité).

« J’aimerais simplement que les gens se montrent plus réalistes concernant la complexité de l’accès aux conforts de la vie moderne », a-t-il déclaré.

Nous écoutons ce que vous avez à dire

L’industrie pipelinière a conscience qu’elle doit encore s’améliorer dans certains domaines et elle est à l’écoute des parties prenantes, des critiques et des experts, tels que Murray, afin de trouver des façons d’y arriver. En améliorant les pratiques optimales et en investissant dans de nouvelles technologies, elle ouvre la voie vers un seul objectif : zéro incident. Cliquez ici pour en apprendre davantage sur ce qu’elle fait afin d’y parvenir.

Faites-vous une meilleure idée de qui est Alan Murray en regardant cette vidéo de l’American Society of Mechanical Engineers.


L’Association canadienne de pipelines d’énergie représente les sociétés canadiennes de pipelines de transport, lesquelles exploitent environ 117 000 kilomètres de pipelines à travers le Canada. En 2014, ces autoroutes de l’énergie avaient acheminé environ 1,2 milliard de barils de produits de pétrole liquide et 5,4 billions de pieds cubes de gaz naturel. Nos membres transportent 97 pour cent du gaz naturel consommé quotidiennement au Canada et acheminent du pétrole brut en provenance des gisements terrestres de régions productrices vers divers marchés nord-américains.