La communication est la clé du rétablissement de l’acceptabilité sociale de l’industrie pipelinière

Les pipelines sont actuellement un sujet prioritaire et hautement politisé au Canada. C’est un fait indéniable. Pourtant, si l’on met de côté la rhétorique de certains critiques de l’industrie, où se situe le Canadien moyen dans le débat sur les pipelines? Et que peut faire l’industrie pipelinière pour mieux comprendre et nouer le dialogue avec le public canadien?

De sont justement les questions sur lesquelles s’est penché Bruce Anderson, éminent chercheur canadien et directeur d’Anderson Insight, lors de l’allocution qu’il a prononcée à l’occasion du symposium Integrity First récemment tenu par la CEPA, ainsi qu’au cours d’une entrevue que nous avons eue avec lui par la suite.

Dans le cadre de sa recherche, M. Anderson a remarqué que le courant d’opinion actuel sur les pipelines du Canada n’est plus le même qu’avant. À son avis, c’est parce que nous nous sommes de plus en plus détachés de l’origine précise de notre énergie et que les réels avantages des projets pipeliniers semblent incertains.

« Les nouveaux projets pipeliniers causent aujourd’hui plus d’anxiété dans notre pays qu’ils ne l’auraient fait autrefois. C’est en partie dû au fait que de façon générale, les gens ont du mal à sanctionner de grands projets d’infrastructure, même s’ils savent qu’ils sont nécessaires, parce qu’ils présument que ces derniers comportent un élément de risque. Ils ne savent pas exactement à qui profitent ces projets. C’est un vaste défi contextuel que doivent affronter les projets pipeliniers, » dit-il.

Sa recherche indique aussi que les Canadiens s’intéressent à la sécurité et à l’intégrité des pipelines, à la réglementation de l’industrie et aux mesures précises de prévention et d’intervention des sociétés pipelinières relativement aux incidents.

« Les gens se demandent aussi de plus en plus si le gouvernement surveille et examine les pipelines de façon adéquate. Ils veulent savoir ce que font les sociétés pour prévenir les problèmes éventuels. Ils veulent être assurés qu’en cas d’incident, les mesures appropriées seront prises pour atténuer les dégâts. Tout ceci exige donc une meilleure communication de la part de l’industrie pour rassurer les gens et leur faire comprendre que ces projets méritent leur appui. »

Que suggère donc M. Anderson à l’industrie pipelinière pour améliorer ses communications avec le public canadien et rétablir l’acceptabilité sociale qu’ont connue les pipelines par le passé?

1. Utiliser un langage approprié

Selon M. Anderson, l’industrie pipelinière doit sortir de la « culture d’ingénierie » acceptée et utiliser un langage que comprennent les Canadiens. Ceci signifie qu’il faudrait se focaliser sur les avantages des pipelines, plutôt que sur leurs aspects pratiques – une tactique, remarque-t-il, déjà utilisée par les critiques de l’industrie avec la plus grande compétence. 

« Les diverses parties prenantes vont tenir des langages différents. Cependant, s’il est juste pour les critiques de certains de ces projets d’utiliser un langage évoquant des émotions négatives, je ne suis pas certain qu’il soit injuste pour les défenseurs de ces projets d’utiliser un langage approprié et sincère, mais un langage visant à souligner les avantages de tels projets. »

2. Connaître son audience et s’adresser à ses besoins

M. Anderson a identifié les deux audiences clés actuelles de l’industrie pipelinière – soit le grand public canadien et ceux qui vivent à proximité de projets pipeliniers. Chaque groupe a des besoins différents et l’industrie devra cibler ses communications pour s’adresser spécifiquement à chacun. Pour le grand public, cela consiste à éduquer les gens sur les avantages des pipelines. Ceux qui vivent ou qui travaillent à proximité de projets d’infrastructure ont besoin d’être assurés que leurs intérêts sont pris en considération.

Le symposium a aussi été diffusé en direct sur Twitter, et nous vous invitons à visionner les faits saillants du discours de M. Anderson ci-dessous. Vous pouvez de plus faire défiler le texte jusqu’au bas de la page pour visionner notre entrevue avec lui dans son intégralité.


L’Association canadienne de pipelines d’énergie (CEPA) représente les sociétés de pipelines de transport qui exploitent 110 000 kilomètres de pipelines à travers le Canada. En 2011, les sociétés membres de la CEPA ont transporté environ 5,3 billions de pieds cubes de gaz naturel et 1,2 milliard de barils de pétrole brut et de produits pétroliers raffinés. Les sociétés membres de la CEPA transportent 97 pour cent de la production quotidienne de gaz naturel et de pétrole brut des régions productrices vers les marchés d’Amérique du Nord.