Incidents relatifs aux pipelines : pourquoi se produisent-ils et comment les systèmes de gestion de la sécurité les préviennent

Quand il s’agit de la sécurité, les pipelines et les avions ont beaucoup en commun. La plupart des avions ne s’écrasent pas et la plupart des pipelines n’ont pas de fuite. Cependant lorsqu’un de ces événements se produit, les résultats sont graves.

La priorité du secteur pipelinier, à la fois au Canada et aux États-Unis, consiste à éliminer ces incidents peu fréquents à risque élevé.

«  Nous devons améliorer le taux d’accidents », explique Madame Linda Daugherty, administratrice associée adjointe pour la sécurité des pipelines au Département américain des transports et administration de la sécurité des pipelines et des matières dangereuses (U.S. Department of Transportation, Pipeline and Hazardous Materials Safety Administration) (PHMSA). «  Les systèmes de gestion de la sécurité nous permettent de bonifier cet objectif. »

Le 29 septembre, les représentants du régulateur du secteur pipelinier américain et de l’Office national de l’énergie (ONÉ) du Canada ont participé à un panel dans le cadre de la Conférence internationale sur les pipelines qui s’est tenue à Calgary et où ils ont parlé de l’importance des systèmes de gestion de la sécurité pour la prévention des incidents pipeliniers des deux côtés de la frontière.

Pourquoi les incidents se produisent-ils?

Afin de comprendre comment prévenir les incidents, les régulateurs doivent savoir pourquoi ils se produisent.

L’ONÉ utilise l’expression modèle du « fromage suisse » pour expliquer pourquoi les incidents majeurs se produisent.

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Le modèle fromage suisse de trajectoire des accidents a été développé par James Reason, psychologue (Source : ONÉ).

Au fond, les morceaux de fromage représentent les couches de protection que les compagnies utilisent pour prévenir un incident (mesures techniques, organisationnelles et humaines). Un incident majeur se produit lorsqu’il y a un certain nombre de pannes (ou trous) dans le système.

Une solide culture de sécurité et un système de gestion de la sécurité efficace aident à renforcer ces couches protectrices et à prévenir les trous.

«  Nous avons beaucoup appris des autres, c’est-à-dire les mondes de la chimie, du nucléaire, de l’aviation et les zones extracôtières. Nous avons toujours valorisé les systèmes de gestion de la sécurité (SMS). Ces systèmes sont, en quelque sorte, le moteur de l’amélioration permanente », explique Monsieur Jeff Wiese, administrateur adjoint de la sécurité pipelinière au PHMSA.

Qu’est-ce qu’un système de gestion de la sécurité?

Au Canada, les règlements en matière de pipelines exigent que les compagnies aient un système de gestion de la sécurité en place. Un tel système énonce les méthodes d’identification, de prévention et de gestion des trous dans les couches protectrices de la compagnie.

«C’est un moyen holistique d’examiner le système et d’identifier les zones qui doivent être améliorées. Les systèmes de gestion de la sécurité nous permettent de voir les facteurs systémiques et d’identifier les mesures correctives et les actions systémiques futures », précise Madame Claudine Bradley, chef technique de la sécurité, exploitations à l’ONÉ.

Le « cycle planifier, exécuter, vérifier et agir », décrit ci-dessous, démontre comment un système de gestion de la sécurité devient un outil qui permet aux opérateurs de constamment évaluer et améliorer le rendement en matière de sécurité.

Les solides systèmes de gestion de la sécurité représentent une partie importante de l’édification d’une culture de sécurité, où la sécurité est la grande priorité pour tout un chacun de l’organisation (de haut en bas).

«  Nous avons tous un rôle à jouer et une responsabilité à assumer pour faire progresser la culture de sécurité », fait remarquer M. Bradley.

À travers l’Amérique du Nord, les régulateurs estiment que l’édification d’une culture de sécurité omniprésente et de solides systèmes de gestion de la sécurité ont essentiels à l’élimination des incidents de pipelines. La semaine prochaine, nous parlerons de comment l’industrie et les compagnies particulières partagent cette croyance.

Ce billet est le deuxième d’une série de quatre, dont les informations proviennent de la Conférence internationale des pipelines qui s’est déroulée à Calgary du 29 septembre au 3 octobre. Plus de 1 400 professionnels venus du monde entier ont assisté à la conférence.

Lire les autres billets de la série :


L’Association canadienne de pipelines d’énergie représente les sociétés canadiennes de pipelines de transport, lesquelles exploitent environ 115 000 kilomètres de pipelines à travers le Canada. En 2013, ces autoroutes de l’énergie avaient acheminé environ 1,2 milliard de barils de produits de pétrole liquide et 5,3 billions de pieds cubes de gaz naturel. Nos membres transportent 97 pour cent du gaz naturel consommé quotidiennement au Canada et acheminent du pétrole brut en provenance des gisements terrestres de régions productrices vers divers marchés nord-américains.