Étant donné la technologie actuelle, pourquoi des incidents majeurs se produisent-ils?

Le 9 septembre 2010, une explosion sur un pipeline de gaz naturel à San Bruno, en Californie, a tué huit personnes, en a blessé 58 et a causé la destruction d’un quartier.

Divers problèmes ont mené à cet évènement tragique, l’un d’entre eux étant à l’origine de la plupart des catastrophes graves : la culture de la sécurité.

« Après avoir conclu à l’incident, l’enquête a établi que la culture de la sécurité constituait une faille, ou (du moins) les choses qui, selon moi, appartiennent à la culture de la sécurité », nous apprend le professeur Mark Flemming, psychologue praticien et professeur en culture de la sécurité à l’Université Saint-Mary’s, en Nouvelle-Écosse.

C’est aujourd’hui le Jour national de la sécurité pour les pipelines aux États-Unis. L’occasion est donc propice pour parler honnêtement d’incidents, ainsi que de ce que nous faisons au Canada pour protéger nos collectivités et pour empêcher qu’une catastrophe comme celle de San Bruno ne se produise ici.

Dans notre blogue, il est souvent question des technologies de pointe auxquelles recourent les sociétés pour surveiller constamment leurs pipelines; toutefois, ce billet concerne la façon dont la culture de la sécurité, elle aussi, joue un rôle essentiel dans la prévention des incidents.

« On peut avoir des technologies remarquables, des systèmes remarquables, et même des gens remarquables, mais si la culture fait défaut, ce problème franchira facilement vos défenses. Et c’est pour cela que c’est important », explique Fleming.

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Une culture de la sécurité inadéquate peut franchir les autres barrières dressées par la société en matière de prévention des incidents. Modèle créé par l’Office national de l’énergie

Qu’est-ce que la culture de la sécurité? Les leçons à tirer de Tchernobyl

Vous entendez probablement souvent le terme « culture de la sécurité » ces jours-ci, mais qu’entend-on exactement par cela?

« Il s’agit des perceptions, des valeurs et des croyances communes au sein d’une organisation en matière de sécurité », explique Fleming. « Et tout ceci influence la manière dont les gens agissent dans différentes situations. »

Le terme « culture de la sécurité » a été inventé à la suite de , en 1986, pour décrire l’une des causes principales de la catastrophe.

« L’examen de cet incident et l’enquête ont révélé que les causes à l’origine de la tragédie n’étaient pas vraiment de nature technique, mais bien qu’il était question de ce que les gens estimaient important », explique Fleming.

La culture de la sécurité n’est pas une politique ou un programme; essentiellement, il s’agit des vraies priorités en matière de sécurité établies par une organisation ou un secteur d’activité, et de la façon dont ces priorités s’intègrent dans notre comportement et nos décisions quotidiennes.

Concernant les incidents majeurs, la culture de la sécurité est « ce qui va vous avoir à tous les coups », comme le déclare Fleming, afin d’expliquer pourquoi cet aspect est si important.

La culture de la sécurité et les pipelines canadiens

Entre 2002 et 2013, 99,999 pour cent du pétrole et du gaz naturel transporté par nos membres a été acheminé en toute sécurité. Mais en tant qu’industrie, notre but est d’éliminer tous les incidents — peu importe leur taille — sur tous les pipelines canadiens. Comment comptons-nous atteindre ce but? En nous assurant qu’il existe une solide culture de la sécurité dans toute l’industrie.

Selon Fleming, l’aviation constitue un bon exemple d’industrie ayant justement réussi à mettre cela en place.

« S’il se produit un incident impliquant un appareil chez Air Canada, cette entreprise en fera immédiatement part à WestJet, car cette société utilise les mêmes types d’avions », dit Fleming au sujet des deux entreprises, habituellement concurrentes.

Dans l’industrie pipelinière, nos membres se sont engagés collectivement à ne pas se faire concurrence dans le domaine de la sécurité. En outre, ils collaborent dans le cadre du programme CEPA Priorité intégritéMD afin d’améliorer continuellement leurs pratiques, de développer le leadership de l’industrie et d’instaurer un état d’esprit visant à ce que les normes relatives à la performance dépassent les exigences réglementaires. Ces efforts constituent tous les fondations d’une solide culture de la sécurité en ce qui concerne les pipelines.

Que faut-il vraiment faire pour empêcher les incidents?

Les sociétés de pipelines canadiennes améliorent constamment leurs technologies et leurs systèmes de gestion de la sécurité, et sont aussi résolues à posséder l’autre incontournable en matière de sécurité : la culture.

« Vous devez avoir la technologie et les systèmes, et vous devez aussi avoir mis en place une culture. Il vous faut ces trois éléments, et ils s’influencent tous les uns les autres », déclare Fleming.

Apprenez-en davantage sur le programme CEPA Priorité intégrité, qui contribue à faire progresser la culture de la sécurité dans toute l’industrie pipelinière canadienne.

Vous pouvez aussi trouver d’autres informations sur la culture de la sécurité auprès d’Enform, notre partenaire et association de la sécurité pour le secteur amont de l’industrie pétrolière et gazière.


L’Association canadienne de pipelines d’énergie représente les sociétés canadiennes de pipelines de transport, lesquelles exploitent environ 115 000 kilomètres de pipelines à travers le Canada. En 2013, ces autoroutes de l’énergie avaient acheminé environ 1,2 milliard de barils de produits de pétrole liquide et 5,3 billions de pieds cubes de gaz naturel. Nos membres transportent 97 pour cent du gaz naturel consommé quotidiennement au Canada et acheminent du pétrole brut en provenance des gisements terrestres de régions productrices vers divers marchés nord-américains.