Des écureuils aux mousses rares : les étapes de la planification d’une remise en état, partie 1

Lors d’un autre billet paru plus tôt dans ce blogue, nous vous avons expliqué que, lorsque les sociétés pipelinières construisent un pipeline, elles s’efforcent de remettre les terres dans un état aussi proche que possible de celui d’avant les travaux. Dans le cadre de cette série en deux parties, nous allons examiner ce processus de près en nous penchant sur le projet Trans Mountain Anchor Loops, soit le projet de doublement d’ancrage du pipeline Trans Mountain entrepris par Kinder Morgan Canada.

La construction d’un pipeline à travers un parc national

Le projet de doublement d’ancrage du pipeline Trans Mountain consistait à installer une canalisation de 160 km reliant Hinton, en Alberta, à Hargreaves, en C.-B., et a été achevé en 2008. 60 pour cent du tracé de la canalisation passe le long du pipeline Trans Mountain existant, tandis que 39,5 pour cent longe d’autres perturbations linéaires telles que l’autoroute et le chemin de fer. Le pipeline traverse le parc national Jasper et le parc provincial du Mont-Robson. Le projet a remporté un prix Émeraude de l’Alberta, lequel récompense un leadership et une réalisation remarquables dans le domaine de l’environnement.

Nous avons parlé à Gret Toth, directeur du projet de doublement d’ancrage afin d’en savoir plus sur l’importance du rôle qu’ont joué la planification et les activités de remise en état pour ce projet.

Q : Quelles difficultés ou considérations particulières votre évaluation environnementale a-t-elle permis de révéler concernant la remise en état des terres concernées par le projet de doublement d’ancrage?

Greg : Ce projet était de nature assez sensible, déjà parce qu’il traverse deux parcs, mais aussi parce qu’il se situe dans les parcs des montagnes Rocheuses canadiennes, inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Comme pour chaque autre projet, il nous importait que nos activités dépassent toutes les exigences règlementaires en vigueur. Dans le cadre de notre évaluation environnementale initiale, nous avons mené divers relevés jugés novateurs à l’époque, mais qui constituent désormais des pratiques courantes, par exemple :

  • Les relevés individuels de différents types d’animaux, notamment les invertébrés, les amphibiens, les grizzlis et les ours noirs
  • Une évaluation des fonctions des zones humides, qui a servi de point de référence pour déterminer les impacts potentiels qui seraient causés à cet habitat particulièrement essentiel
  • Un relevé complet des plantes avasculaires (telles que la mousse)
  • Une évaluation de l’état de santé de la forêt
  • Des évaluations de traversées de cours d’eau

En outre, nous avons fait appel à divers modèles et méthodes d’évaluation, afin de nous aider à estimer les effets cumulatifs potentiels du projet.

Q : Avez-vous trouvé quoi que ce soit qui sortait de l’ordinaire, comme de rares espèces animales ou plantes devant être protégées au cours de ce processus?

Greg : Oui, nous avons découvert plusieurs espèces de lichens rares sur certains affleurements rocheux créés à l’époque de la construction du réseau ferroviaire du Grand Trunk Pacific Railway. Nous avons également constaté la présence de batramie de Haller, une espèce menacée que nous avons protégée entre autres en lui procurant un ombrage et une brumisation artificiels, moyens que nous utilisons pour préserver ces espèces.

Lorsque nous avons découvert des habitats ou une végétation uniques, nous les avons évités en rétrécissant l’emprise lorsque c’était possible.

Lorsque c’était impossible, les plantes rares ont été conservées et transplantées à l’extérieur de l’emprise. Nous avons capturé les spermophiles du Columbia dont les terriers se trouvaient sur le chantier de construction de l’emprise pour les relâcher ensuite dans des habitats similaires à proximité. Nous avons également placé des ponts temporaires au-dessus des tranchées pour permettre aux mouflons de traverser celles-ci.

Q : Avez-vous pris des mesures particulières au cours de la phase de construction afin de faciliter les travaux de remise en état?

Greg : Un point qui nous a particulièrement préoccupés a été d’empêcher la propagation de mauvaises herbes non indigènes envahissantes au cours du processus de construction. Nous avons collaboré avec Parcs Canada et BC Parks afin de déterminer les endroits où agir face à ces espèces non indigènes, ce que nous avons fait en pulvérisant, en fauchant et en désherbant à la main.

Nous avons également collecté du matériel végétal indigène et des semences, de façon à refaire pousser et à propager ces plantes dans le cadre des activités de remise en état qui succèderaient aux travaux. Nous avons construit deux grandes serres afin de propager plus de 220 000 plantes destinées à être mises en terre sur l’emprise et arrosées manuellement durant les trois années suivantes.

Durant la phase de construction, la couche de terre arable a été soigneusement mise de côté et entreposée de manière à être replacée sans altérer sa constitution naturelle. Le gazon naturel a lui aussi été préservé afin d’être réutilisé ultérieurement.

Revenez nous lire la semaine prochaine pour obtenir plus d’informations sur le processus de remise en état lui-même et pour voir les résultats finaux.

Entre-temps, si vous désirez en savoir plus sur les activités de remise en état effectuées par l’industrie pipelinière, vous pouvez lire les billets suivants :


L’Association canadienne de pipelines d’énergie représente les sociétés canadiennes de pipelines de transport, lesquelles exploitent environ 117 000 kilomètres de pipelines à travers le Canada. En 2014, ces autoroutes de l’énergie avaient acheminé environ 1,2 milliard de barils de produits de pétrole liquide et 5,4 billions de pieds cubes de gaz naturel. Nos membres transportent 97 pour cent du gaz naturel consommé quotidiennement au Canada et acheminent du pétrole brut en provenance des gisements terrestres de régions productrices vers divers marchés nord-américains.