Comment un pilote aide à empêcher les fuites de pipeline depuis le ciel

Ceci est le troisième billet de la série intitulée « L’aspect humain de la protection de l’environnement ».

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Tom Urie fait partie du paysage aérien du Nord de l’Alberta. C’est un pilote de surveillance aérienne employé par Envirotech Aviation Inc., une société membre de la Fondation CEPA établie à Nisku, en Alberta, et spécialisée dans l’inspection et la photographie aériennes des pipelines.

Bien que les technologies telles que les dispositifs d’inspection interne, l’imagerie hyperspectrale et les systèmes SCADA (des systèmes d’acquisition et de contrôle des données) constituent d’excellents moyens de détecter les petites fuites de près, ce sont les pilotes comme Tom qui aident les exploitants pipeliniers à garder un œil sur la situation d’ensemble. Ils survolent les emprises pipelinières, un guetteur à leur côté, et tentent de repérer tout ce qui sort de l’ordinaire. Ainsi, ils sont à l’affût de tout signe de dommage, mais plus généralement, les dangers qu’ils détectent ressemblent plus à des travaux de construction non autorisés ou à la présence de gros engins de chantier susceptibles de causer des dégâts si on ne les arrête pas.

Les pilotes de surveillance aérienne volent à une hauteur de seulement 183 mètres et se servent de données cartographiques de pipelines, d’appareils photo et de caméras pour surveiller les emprises. S’ils repèrent quoi que ce soit, ils le signalent immédiatement afin que le personnel de la société pipelinière puisse intervenir avant que des dégâts n’aient été causés.

Tom est un pilote professionnel doublé d’un instructeur et il effectue des inspections aériennes depuis 1979. Nous avons eu l’occasion de le rencontrer pour l’interroger sur son métier et voici ses réponses :

Q : Quand avez-vous décidé de devenir pilote?

Tom : J’ai toujours voulu devenir pilote, même lorsque j’étais enfant. Je vivais à proximité d’un aéroport et tous les jours après l’école, j’allais à l’aéroport pour voir les avions décoller et atterrir. J’aime beaucoup faire de la surveillance aérienne parce que c’est différent tous les jours. Dans le transport aérien par contre, le pilote automatique est toujours branché. Moi, j’adore voler à basse altitude parce que c’est bien plus intense.

Q : D’après vous, pourquoi la surveillance aérienne est-elle importante?

Tom : Depuis le ciel, on est capable de voir les choses qui pourraient poser problème et les empêcher avant qu’elles n’arrivent. Si nous repérons des travaux ou des gros engins de chantier en train de traverser une emprise de pipeline, nous prenons des photos et nous le signalons. Quelqu’un vérifie alors immédiatement si ces activités ont été approuvées ou non.

Je suis content de pouvoir contribuer à protéger l’environnement et veiller à ce que les terres restent dans l’état dans lequel elles sont censées être.

Q : Qui prend la décision de faire surveiller les tracés de pipeline depuis le ciel?

Tom : Tous les pipelines doivent être examinés depuis le ciel, mais c’est la fréquence de ces inspections qui fluctue en fonction de la taille de la canalisation et de ce qu’elle transporte. Tout cela fait partie de la réglementation. Certains pipelines doivent être survolés au moins une fois par jour, 365 jours par an. D’autres, seulement une fois tous les quelques mois.

Q : Vous volez seul?

Tom : Chaque avion embarque un pilote et un guetteur. Parce j’ai beaucoup d’années de vol, c’est moi qui suis aux commandes et ce sont d’habitude les pilotes moins expérimentés qui jouent le rôle de guetteur. Après environ six mois, ils peuvent commencer à piloter sous supervision.

Q : Quel genre de chose avez-vous pu apercevoir en survolant les emprises de pipeline?

Tom : Un jour, j’ai vu un gars aux commandes d’une excavatrice qui passait et repassait au-dessus d’un pipeline. Il conduisait juste à côté d’une berme (et non pas sur cette dernière) aménagée spécifiquement pour que les engins se déplacent dessus. Quand il a vu notre avion, il est allé stationner son engin, a sauté dans sa camionnette et est parti à toute vitesse. Seulement, le nom de son entreprise et le numéro de téléphone figuraient visiblement sur la portière de son véhicule, donc il n’a pas été difficile de signaler qui il était!

Tom est tellement passionné par le fait de voler que même une courte période de retraite n’est pas arrivée à le dissuader de remonter dans un avion. Avec trop de temps disponible et pas assez à faire, il s’est rapidement fait convaincre de revenir au travail il y a environ un an. Ces jours-ci, on peut le voir survoler les canalisations du Nord de l’Alberta aux commandes d’un avion orange vif; et quand il n’est pas dans le ciel, on peut généralement le trouver sur un terrain de golf ou en train de négocier des actions en bourse.

Pour en lire davantage sur tous ceux et celles qui participent à la protection de l’environnement, consultez ces autres billets :


L’Association canadienne de pipelines d’énergie représente les sociétés canadiennes de pipelines de transport, lesquelles exploitent environ 117 000 kilomètres de pipelines à travers le Canada. En 2014, ces autoroutes de l’énergie avaient acheminé environ 1,2 milliard de barils de produits de pétrole liquide et 5,4 billions de pieds cubes de gaz naturel. Nos membres transportent 97 pour cent du gaz naturel consommé quotidiennement au Canada et acheminent du pétrole brut en provenance des gisements terrestres de régions productrices vers divers marchés nord-américains.