Comment pouvons-nous améliorer la sécurité des pipelines? Les dirigeants interviennent.

Zéro incident. Voilà l’objectif de l’industrie pipelinière. Entre 2002 et 2013, 99,9995 pour cent des liquides transportés par les membres de CEPA l’ont été en toute sécurité. Or, comment l’industrie peut-elle atteindre les 100 pour cent?

Les dirigeants des pipelinières nord-américaines ont discuté du rendement de leur industrie lors du panel des hauts dirigeants dans le cadre de la Conférence internationale sur les pipelines qui s’est tenue à Calgary au début du mois d’octobre. La discussion a porté sur l’importance des systèmes de gestion de la sécurité pour l’amélioration continue de la sécurité.

IPC

Le panel des hauts dirigeants à la Conférence internationale sur les pipelines de 2014 : (dans l’ordre habituel) Alan Armstrong (Williams Companies), Tim Felt (Colonial Pipeline), Ron McClain (Kinder Morgan), Alex Pourbaix (TransCanada) et Patrick Veith, modérateur.

 

«Que vous ayez un système de gestion de la sécurité en place depuis plus de 20 ans ou que vous commenciez à partir de zéro, le travail n’est jamais terminé. Il y a toujours place à de l’amélioration », dit Ron McClain, président des pipelines de produits à Kinder Morgan, devant une salle remplie de professionnels du domaine.

Pourquoi les systèmes de gestion de la sécurité des pipelines sont-ils si importants?

Si l’on pense aux moyens que les sociétés utilisent pour rendre les pipelines plus sécuritaires, des innovations telles que des outils d’inspection internes et des sondes de détection de fuite peuvent venir à l’esprit. Ces technologies sont déterminantes pour l’exploitation sécuritaire des pipelines. Cependant, la solution à l’élimination des incidents reliés aux pipelines ne réside pas dans une seule technologie.

Comme nous l’avons souligné la semaine dernière, les incidents majeurs se produisent lorsque les activités présentent un certain nombre de défaillances. Le fait d’avoir un système de gestion de la sécurité (une exigence pour les pipelines canadiens) permet aux sociétés de relier des activités de sécurité individuelles à une série de processus réciproques et de continuer à évaluer leur système dans son ensemble.

« C’est avant tout une question d’amélioration continue et d’intentionnalité. Le système de gestion de la sécurité exige que certaines activités soient exécutées régulièrement et intentionnellement », a expliqué M. McClain, président du comité qui a préparé les recommandations sur les exigences relatives aux systèmes de gestion de la sécurité des pipelines pour le American Petroleum Institute (API).

Le comité de M. McClain a élaboré les 10 « éléments essentiels » suivants d’un système de gestion de la sécurité efficace :

  1. soutien ferme et actif des échelons supérieurs de direction et d’encadrement;
  2. engagement des parties prenantes;
  3. gestion du risque;
  4. contrôles opérationnels (par exemple le maintien de méthodes d’exploitation sécuritaires et des pratiques de travail sécuritaires);
  5. enquêtes sur les incidents, évaluation et leçons tirées;
  6. stratégie de sécurité (effectuer des vérifications et des évaluations)
  7. examen de la direction et l’amélioration continue;
  8. mesures et intervention d’urgence;
  9. compétences, sensibilisation et formation;
  10. documentation et tenue de dossiers.

Le document de l’API (PDF) insiste aussi sur le fait qu’un système de gestion de la sécurité efficace « ne peut pas exister sans une culture de sécurité positive » (l’Office national de l’énergie du Canada partage cette opinion. Vous pouvez lire ici l’Énoncé sur la culture de sécurité de l’ONÉ).

Alors la technologie est-elle encore importante?

L’innovation permanente et la mise en œuvre de nouvelles technologies sont des aspects déterminants de l’exploitation sécuritaire des pipelines. Cependant, les systèmes de gestion de la sécurité aideront les sociétés à identifier les secteurs de leur exploitation où des innovations s’imposent le plus.

«Du point de vue de la sécurité, nous pouvons faire beaucoup plus sur le plan de la culture et de la direction que sur le plan de la technologie », a expliqué Alex Pourbaix, président du développement et vice-président directeur de TransCanada PipeLines Limited. «En améliorant ces aspects, nous améliorons notre capacité à adopter les technologies. »

Ce billet est le troisième d’une série de quatre dont les informations proviennent de la Conférence internationale des pipelines qui s’est déroulée à Calgary du 29 septembre au 3 octobre. Plus de 1 400 professionnels venus du monde entier ont assisté à la conférence.

Lire les autres billets de la série :


L’Association canadienne de pipelines d’énergie représente les sociétés canadiennes de pipelines de transport, lesquelles exploitent environ 115 000 kilomètres de pipelines à travers le Canada. En 2013, ces autoroutes de l’énergie avaient acheminé environ 1,2 milliard de barils de produits de pétrole liquide et 5,3 billions de pieds cubes de gaz naturel. Nos membres transportent 97 pour cent du gaz naturel consommé quotidiennement au Canada et acheminent du pétrole brut en provenance des gisements terrestres de régions productrices vers divers marchés nord-américains.