Comment les sociétés de pipelines interagissent-elles avec les propriétaires fonciers?

En 2018, huit pour cent de tous les incidents de pipeline ont été provoqués par des interférences extérieures, soit des dommages causés par des tiers. Les travaux non autorisés de construction, d’exploitation, d’empiètement et d’excavation peuvent tous y contribuer. En fait, ce genre d’activités courantes compte parmi les plus grandes menaces pour l’infrastructure souterraine, dont les 117 800 kilomètres de pipelines exploités par les membres de l’Association canadienne de pipelines d’énergie (CEPA).

Cumulés, on estime que les dommages causés aux infrastructures électriques et de communication, aux conduites d’eau et de distribution de gaz naturel ainsi qu’aux autres installations souterraines se chiffrent annuellement à plus d’un milliard de dollars au Canada. C’est pourquoi la prévention des dommages constitue une priorité absolue pour toutes les sociétés pipelinières. Et il s’avère que certaines des meilleures stratégies de prévention des dommages aux pipelines ne sont ni compliquées, ni coûteuses, ni techniques.

Avril a été désigné comme le mois des excavations sécuritaires par la Canadian Common Ground Alliance (CCGA). L’objectif est de sensibiliser les gens aux risques que présente le fait d’endommager les infrastructures souterraines, comme les conduites d’eau et de gaz, lors de travaux de rénovation, d’aménagements paysagers et d’activités agricoles courantes impliquant de remuer le sol. Cette semaine, notre billet porte sur la façon dont les sociétés pipelinières interagissent avec les propriétaires fonciers dans le cadre des efforts visant à protéger leurs réseaux.

 

Les propriétaires fonciers, une première ligne de défense contre les dommages aux pipelines

L’une des mesures les plus efficaces dans la prévention des dommages aux pipelines consiste à nouer des relations solides avec les propriétaires fonciers qui se trouvent sur l’emprise ou à proximité. C’est pourquoi les interactions avec les propriétaires fonciers concernant la sûreté des pipelines commencent bien avant la construction du pipeline et se poursuivent tout au long de son cycle de vie. Tout commence généralement par des conversations sur ce qu’implique la présence d’un pipeline sur un terrain.

« Les promoteurs de projets de pipelines et les exploitants doivent prendre le temps d’étudier ce qui importe aux propriétaires fonciers. Ils doivent comprendre leurs préoccupations et leurs enjeux, parce que c’est le point de départ d’une relation de confiance », fait remarquer Patrick Smyth, vice-président à la performance pour CEPA.

Cette confiance est importante, du fait que les sociétés exploitantes doivent informer les propriétaires de l’emplacement des pipelines sur leurs terres ainsi que de la profondeur à laquelle ils sont enfouis afin de diminuer le risque de dommages causés par des tiers. Les exploitants comptent également sur eux pour signaler toute activité suspecte sur l’emprise, comme des gens qui viendraient y stationner leur caravane, y conduire un véhicule ou y allumer un feu.

 

Mesures pour faire primer la sûreté des pipelines

Voici certaines des mesures qu’appliquent les sociétés pipelinières pour interagir avec les propriétaires et les collectivités situés près de leurs pipelines :

  1. Diffuser activement des messages visant à appeler ou cliquer avant de creuser pendant la construction des pipelines et tout au long de leur cycle de vie. Il n’est pas rare de voir des messages liés aux appels uniques (chaque province possède son propre système d’appel unique) ainsi que des coordonnées d’urgence sur toutes sortes d’objets, depuis les aimants de réfrigérateur, les cordons à clés, les tasses à café et les affiches jusqu’aux calendriers, aux balles de golf et aux bannières d’évènements, et bien d’autres encore.
  2. Veiller à ce que les propriétaires fonciers sachent avec qui communiquer en cas d’urgence ou à qui signaler toute activité inhabituelle. Ces informations doivent toujours être à portée de main.
  3. Dans la mesure du possible, demeurer très visible dans le secteur, par exemple en disposant de bureaux dans la collectivité locale, en engageant des gens de la région, ainsi qu’en se montrant ouvert et accessible. Cette visibilité aide considérablement les gens qui vivent non loin de pipelines à faire primer la sûreté de ces derniers.
  4. Être visible demande souvent de commanditer des évènements communautaires, qui permettent de transmettre des consignes de sécurité. Parfois, les sociétés parrainent également certaines équipes sportives et d’autres activités qui sont importantes pour la communauté.
  5. Rendre des visites à domicile aux propriétaires fonciers. Certaines sociétés viennent régulièrement rencontrer ces derniers tout au long de l’année, ce qui est indispensable pour effectuer des rappels de sécurité et éviter tout manque de vigilance.
  6. Fournir des articles promotionnels, comme des dépliants distribués par la poste et des calendriers, sur lesquels figurent des rappels et des coordonnées. Les sociétés programment souvent leurs messages de sensibilisation et leurs envois postaux de sorte qu’ils coïncident avec les activités saisonnières de la région, comme la chasse ou les moments où les gens sont plus susceptibles d’aller camper ou pratiquer la motoneige.

 

La sûreté doit toujours primer, et les membres de CEPA s’engagent à mener leurs activités de manière sécuritaire, en avril comme pendant le reste de l’année. « Les solides relations de confiance que les membres de CEPA lient avec les propriétaires fonciers aident à protéger les pipelines de transport contre les dommages causés par des tiers, et ce toute l’année », conclut M. Smyth.