Cinq façons dont le pétrole et le gaz continueront de jouer un rôle au fil de l’évolution du bouquet énergétique

Parfois, il est difficile de faire le tri dans le torrent d’informations qui nous parviennent de toutes parts.

Prenez le cas de la transition énergétique. La plupart des gens s’entendent pour dire qu’il faut passer à des sources d’énergie plus propres. Mais même parmi ceux-là, les opinions en la matière divergent grandement.

Par exemple, le professeur Vaclav Smil, l’un des penseurs les plus réputés au monde dans le domaine de la transition énergétique, est d’avis que le changement climatique est un enjeu mondial. Cependant, ses recherches l’amènent à conclure que s’attendre à une transition énergétique rapide équivaut à prendre ses désirs pour des réalités.

Dans le billet de cette semaine, nous abordons cinq façons dont le pétrole, le gaz naturel et les pipelines qui les transportent continueront de jouer un rôle important pendant les prochaines décennies, au fil de l’évolution de notre bouquet énergétique.

 

  1. Des combustibles plus propres pour un air plus sain – Nous savons que le gaz naturel émet moins de dioxyde de carbone que le charbon ou le pétrole, ce qui en fait une source d’énergie particulièrement importante pour les pays qui ont besoin de combustibles plus propres afin de faire respirer un air sain à leur population. Il n’est donc pas surprenant d’apprendre que dans un rapport de juin 2019, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoyait qu’au cours des cinq prochaines années, 40 % de la demande de gaz naturel proviendrait de Chine. Le gaz naturel canadien, dont la combustion est plus propre, peut donc jouer un rôle de taille à l’heure où le monde se tourne vers des carburants moins polluants.
  2. Une aide pour « alimenter » le passage à des solutions énergétiques propres – Le gaz naturel contribuera également à l’abandon des combustibles fossiles au profit de solutions énergétiques propres, comme l’électrification. Ce changement prendra du temps, et le gaz naturel continuera à jouer un rôle de complément propre lorsqu’il ne sera pas possible de s’assurer d’un approvisionnement fiable en énergie renouvelable.
  3. Le transport de combustibles de remplacement tels que l’hydrogène – Au Canada, l’industrie et les pouvoirs publics cherchent des façons d’utiliser l’hydrogène de manière sûre et efficace pour obtenir de l’énergie propre, qui serait acheminée par le réseau de pipelines existant. Au Royaume-Uni, des projets pilotes visant à établir un réseau de distribution d’hydrogène exploiteront le réseau de gazoducs en place dans le cadre d’un plan pour atteindre un niveau d’émissions nul d’ici 2050.
  4. Le transport de dioxyde de carbone capté – Les pipelines transporteront le dioxyde de carbone capté dans l’atmosphère en vue de sa réutilisation ou de son stockage. Cette stratégie contribuera largement à réduire les émissions et à accroître l’approvisionnement en énergie canadienne écoresponsable.
  5. La fabrication d’infrastructures d’énergie propre – Les produits pétrochimiques issus du pétrole et du gaz naturel continueront de figurer parmi les principaux ingrédients des nouvelles installations de production d’énergie renouvelable, notamment d’énergie solaire et éolienne.

 

Le professeur Vaclav Smil se décrit comme un « réaliste en matière d’énergie », du fait qu’il comprend très bien les données scientifiques qui entourent le changement climatique. Cependant, il étudie aussi les tendances historiques relatives à l’énergie. Et il fait preuve de réalisme concernant le temps qu’il faudra pour opérer la transition complexe vers une énergie propre.