Anatomie d’un incident de pipeline : les interventions d’urgence (partie 2)

Ce billet fait partie d’une série sur la performance de l’industrie des pipelines, telle que présentée dans le Rapport 2018 sur la performance de l’industrie des pipelines de transport. Vous pouvez lire le rapport complet à pr18.cepa.com/fr.

Dans le billet de la semaine dernière, nous avons répondu à certaines des questions les plus fréquentes que nous posent les Canadiens et Canadiennes sur les incidents de pipeline, en voyant notamment ce qu’est un incident important et les causes courantes.

Ce billet examine le processus des membres de CEPA pour intervenir en cas d’urgence.

Comment les sociétés pipelinières gèrent-elles un incident?

Dans le cas improbable d’un incident, les membres de CEPA déclenchent un processus pour intervenir immédiatement. Les étapes ci-dessous reflètent les pratiques générales des membres de CEPA, mais le processus que suit chaque membre peut légèrement différer selon son type d’activité.

Phase 1 : Arrêt immédiat du pipeline en cas de fuite signalée, détectée ou présumée. Des salles de commande sophistiquées fonctionnant sans interruption possèdent des systèmes de détection qui déclenchent une alarme en cas d’anomalie. Des vannes situées à des endroits clés de la canalisation interrompent l’écoulement ou détournent le produit vers des zones de retenue. On se soucie avant tout de la sécurité du public et de la protection de l’environnement.

Phase 2 : Déclenchement du plan d’intervention d’urgence (PIU), que chaque membre de CEPA a mis en place afin de parer à un vaste éventail de scénarios d’urgence et de décrire le processus pour régler ces derniers.

Durant cette étape, on dépêche immédiatement du personnel vers le lieu de l’incident. Leur but est de mettre sur pied un système de commandement des interventions en moins de deux heures, afin que l’intervention se déroule de manière efficace, efficiente et coordonnée. On prévient les organismes de réglementation provinciaux et fédéraux ainsi que les services d’urgence, et on envoie des notifications aux administrations et aux collectivités locales, y compris aux communautés autochtones.

Phase 3 : Mobilisation des premiers intervenants. Les premiers intervenants de l’entreprise arrivent sur les lieux dans un délai de trois heures. Ils sont préparés à analyser la situation et à commencer le nettoyage. Ces intervenants effectuent des formations et des exercices rigoureux afin d’être prêts à réagir en cas d’incident de pipeline. On informe les médias et les parties prenantes de l’incident.

Phase 4 : Arrivée de matériel et de personnel d’intervention supplémentaires. Ces équipes se rendent sur place en moins de six heures, et amènent avec elles du matériel lourd et du personnel additionnels, notamment des biologistes, des experts environnementaux et des spécialistes du nettoyage. Les experts restent sur le terrain aussi longtemps qu’il le faut pour nettoyer le secteur et réparer la fuite.

Phase 5 : Établissement des causes. On lance une enquête afin de déterminer la cause de l’incident, parfois parallèlement aux étapes précédentes. Les organismes de réglementation et d’autres organisations prennent part à ce processus, et on prend des mesures pour réduire le risque qu’un incident semblable se reproduise.

Phase 6 : Remise en état. Si nécessaire, les experts reviennent sur les lieux afin de les remettre dans leur état d’origine, par exemple en retirant le sol contaminé et en restaurant la végétation. On surveille ensuite le secteur, parfois pendant des années. L’exploitant veille à établir une communication continue avec les organismes de réglementation compétents et les autres parties prenantes.

L’organisme de réglementation compétent donne à l’exploitant la permission de remettre la ligne en service. Cette autorisation peut être assortie de conditions en vue de poursuivre l’exploitation du pipeline, par exemple le faire fonctionner à une pression réduite, effectuer des évaluations techniques complètes, et/ou mener des essais sur le terrain pour garantir une exploitation sécuritaire.

La responsabilité du déversement

La Loi sur la sûreté des pipelines stipule qu’une société pipelinière canadienne est responsable de l’intégralité des coûts liés à un déversement de pipeline si celle-ci est en faute. En collaboration avec l’organisme de réglementation, les membres de CEPA veillent à ce que le secteur soit nettoyé et remis en état, et que des réparations soient versées. En fait, les principaux exploitants de pipelines de transport doivent disposer d’une capacité financière minimum d’un milliard de dollars afin de gérer un incident.

Apprenez-en davantage sur notre façon de prévenir les incidents et nos méthodes d’interventions ici, en lisant le Rapport 2018 sur la performance de l’industrie des pipelines de transport.