Alimenter une nation en électricité, première partie : D’où vient l’électricité au Canada?

Vous vous réveillez. Vous arrêtez la sonnerie du réveil, vous débranchez votre téléphone et vous prenez vos messages. Vous allumez la lumière. Tirez la chasse d’eau. Utilisez votre séchoir à cheveux. Et tout au long de la journée, vous utilisez de nombreuses fois de l’électricité, sans y penser.

Mais d’où vient l’électricité? Selon l’Association canadienne de l’électricité, l’électricité est produite en exploitant une énergie mécanique pour faire tourner des turbines. Celle-ci peut provenir de différentes sources : chute d’eau, vent, ou encore vapeur issue de la chaleur générée par une réaction nucléaire ou par la combustion de ressources naturelles comme le gaz naturel.

Selon Ressources naturelles Canada (RNCAN), l’eau en mouvement, qui permet de produire de l’énergie hydroélectrique, représente la plus importante source d’électricité au pays, soit environ 60 % de l’approvisionnement. Les ressources naturelles comme le pétrole et le gaz se classent deuxièmes à 18 %, suivies par le nucléaire, l’éolien, le solaire et la biomasse.

Le réseau d’électricité canadien est l’un des plus propres du monde : 82 % de notre électricité provient de sources qui n’émettent pas de gaz à effet de serre. L’objectif du gouvernement fédéral est d’atteindre 90 % d’ici 2030, ce qui s’accompagnera de défis, selon Michael Powell, vice-président des relations gouvernementales de l’Association canadienne de l’électricité.

« Notre réseau est très propre, affirme M. Powell, mais la capacité du Canada à effectuer la transition vers des sources non émettrices est une question plus complexe. Les sources de production non émettrices à grande échelle et sur demande ont tendance à se retrouver dans les régions, ce qui comporte certaines difficultés. »

Certaines provinces, comme le Québec et la Colombie-Britannique, abondent en rivières essentielles à l’énergie hydroélectrique, contrairement à d’autres, comme l’Alberta, la Saskatchewan et la Nouvelle-Écosse, qui dépendent principalement du gaz naturel et du charbon. À mesure que le charbon est éliminé progressivement, on le remplace souvent par le gaz naturel, un combustible beaucoup plus propre. Le gaz naturel est également utilisé dans tout le pays pour produire de l’électricité d’appoint.

Powell explique que l’abandon du charbon va bon train et réduira très fortement les émissions de carbone. Et à mesure que le Canada se rapproche de son objectif de zéro émission nette d’ici 2050, le gaz naturel continuera de faire partie du bouquet énergétique. Selon lui, l’industrie dépendra de technologies comme le captage et stockage du carbone en tant qu’outils importants pour compenser les émissions. Les entreprises de pipelines canadiennes jouent un grand rôle dans ce domaine et de nombreux projets en cours réduiront leur empreinte environnementale.

« Les centrales au gaz naturel modernes émettent considérablement moins d’émissions, précise M. Powell. Si on examine la manière dont on peut construire un système qui reste fiable et abordable, il est clair que le gaz naturel fera partie du bouquet dans un avenir prévisible. »

À mesure que les sources d’électricité continuent d’évoluer pour atteindre les cibles du pays en matière de changements climatiques, on s’attend également à des changements dans la façon dont l’électricité est utilisée. Dans le billet de la semaine prochaine, nous nous pencherons sur le mouvement vers l’électrification, plus particulièrement ce qu’il signifie et comment il se déroulera.

Nous remercions Michael Powell, vice-président des relations gouvernementales de l’Association canadienne de l’électricité, pour sa contribution à ce billet.