À quoi ressembleront les futurs emplois du secteur pipelinier?

Pour le secteur pétrolier et gazier du Canada, s’adapter au changement n’a rien de nouveau. Depuis ses débuts, celui-ci adopte des technologies pour rendre ses systèmes plus sûrs et plus efficaces, depuis le forage jusqu’au transport par pipeline.

Aujourd’hui, l’industrie est à la veille d’une autre révolution, provoquée par des changements sociétaux et des règlements gouvernementaux. Et cela signifie que les entreprises sont à la recherche de nouvelles compétences professionnelles.

Afin de comprendre précisément comment le marché du travail de l’industrie pétrolière et gazière est sur le point de changer, Energy Safety Canada a mené une étude par le biais de PetroLMI, sa division consacrée au marché du travail, pour savoir à quoi pourraient ressembler les emplois de demain et quelles seront les compétences nécessaires aux employés de l’industrie. Le rapport, publié en juin, examine les futurs débouchés professionnels dans le domaine du pétrole et du gaz.

Trois tendances qui transforment le marché du travail

Breanne O’Reilly, conseillère en communication et en sensibilisation pour PetroLMI, pense que l’évolution du marché du travail provient de trois tendances :

  1. Modifications réglementaires, particulièrement un cadre de travail créé pour résoudre les problèmes liés au changement climatique aux niveaux fédéral et provincial, et la nouvelle Loi sur l’évaluation d’impact (LEI);
  2. Automatisation et analyse des données;
  3. Normalisation des procédés de fabrication.

« Cela ne change pas les emplois, mais les transfère là où se situera la demande », déclare Mme O’Reilly en ce qui concerne le processus de fabrication. « Nous veillons systématiquement à ce que la technologie améliore les lieux de travail : où placer des machines pour mieux garantir la sécurité des gens? Quel aspect pouvons-nous automatiser pour rendre le travail moins répétitif et éliminer les tâches ennuyeuses, afin que nos employés apportent plutôt une contribution à leur organisation? »

Beaucoup d’emplois conventionnels – plus orientés vers des tâches mécaniques et manuelles – continueront d’exister, mais ils exigeront de meilleures connaissances numériques et plus de professionnels en TI pour gérer les machines.

À quels autres changements s’attendre?

Selon Mme O’Reilly, les modifications réglementaires toucheront également les descriptions de poste, surtout parce que les entreprises réclameront d’excellentes compétences en matière de communication et de relations avec les parties prenantes.

La LEI demande une participation accrue des Premières Nations et du public pour tous les projets, donc des compétences en consultation et en communications ainsi qu’une bonne connaissance des enjeux autochtones seront très recherchées.

L’analyse et la collecte de données sont également sans cesse plus vitales pour le secteur pétrolier et gazier. Dans les dernières années, au fil de la chute des prix du pétrole, les entreprises ont commencé à prendre leurs données encore plus au sérieux.

« Nous avons recueilli beaucoup de données, mais nous ne les avons jamais utilisées à fond. On entend de plus en plus parler de la façon dont utiliser les mégadonnées et je pense que l’industrie pétrolière et gazière étudie comment mieux en tirer parti », affirme-t-elle.

« Pour ce qui est des pipelines, par exemple, on regarde à quel point la numérisation a augmenté au cours des dernières années. Nous pouvons surveiller plus facilement n’importe quoi et rendre notre travail plus facile. »

Prochaine étape : attirer de jeunes travailleurs

Selon Mme O’Reilly, l’étude suggère à l’industrie de s’employer à attirer les jeunes pour se bâtir une main-d’œuvre d’avenir.

Auparavant, l’industrie se servait d’incitatifs financiers, mais de nombreux jeunes s’intéressent plus que les précédentes générations à un équilibre travail-vie personnelle diversifié. L’industrie devra se pencher sur la façon dont elle recrute les jeunes.

« Dans le passé, 15 pour cent de la main-d’œuvre avait moins de 24 ans, mais c’est un chiffre qui est aujourd’hui coupé de moitié », nous a révélé O’Reilly.

Pour plus d’informations sur l’évolution de la main-d’œuvre de l’industrie pétrolière et gazière, vous pouvez consulter le rapport ici.