À la découverte des salles de commandes, partie 2 : sécurité et vigilance à toute heure

Dans la première partie de notre série « À la découverte des salles de commande », nous vous avons fait visiter une salle de commande de pipeline pour vous montrer comment les salles de commande gèrent et surveillent des données afin de préserver la sûreté des pipelines et vous faire réaliser à quel point il est important d’observer une vigilance de tous les instants, à toute heure.

Cette semaine, nous jetons un coup d’œil exclusif sur certains des systèmes en place pour que chaque salle de commande demeure opérationnelle, sans interruption.

Pour savoir comment les exploitants pipeliniers font en sorte que rien n’échappe à leur matériel de surveillance ou à leurs contrôleurs, nous avons interrogé John Goossens, gestionnaire du centre de contrôle d’Olds (Alberta) pour Plains Midstream Canada.

Plains Midstream control centre

John nous a expliqué cinq des stratégies les plus importantes en usage dans toute salle de commande efficace :

No 1 Rester attentif

Les opérateurs de salles de commande travaillent souvent par roulements de 12 heures et il est essentiel qu’ils ne laissent rien passer. Maintenir leur attention représente donc une priorité absolue. John nous a expliqué certaines des mesures utilisées à cet effet :

  • L’emploi du temps d’un opérateur passe par un outil d’évaluation de la fatigue (ou FAID pour fatigue assessment tool), qui détermine les périodes de temps où le contrôleur pourrait être sujet à de la fatigue.
  • Les mesures d’atténuation de la fatigue comme des pupitres de commande réglables pour travailler assis ou debout, l’éclairage, la température et du matériel de conditionnement physique aident les contrôleurs à demeurer attentifs.
  • Lorsqu’ils sont fatigués, les contrôleurs sont encouragés à le faire savoir, sans que cela n’entraîne de répercussions. On établit alors un plan pour aider le contrôleur à gérer ses problèmes de fatigue. Si cela ne fonctionne pas, on fait venir un autre contrôleur pour surveiller le pipeline.
  • D’autres stratégies consistent à former le personnel et les membres de la famille sur la gestion de la fatigue, à planifier des temps d’arrêt suffisamment long pour permettre huit heures de sommeil et à effectuer un nombre d’heures supplémentaires minimal.

No 2 Des centres de contrôle secondaires

Chaque société membre de CEPA possède un centre de contrôle secondaire, pour la bonne raison qu’il est vital de garder le contrôle de ses pipelines si l’on veut en assurer une exploitation sécuritaire.

« Si le centre de contrôle opérationnel vient à faire face à une situation d’urgence telle qu’un incendie, une inondation ou des conditions météorologiques extrêmes, nous avons besoin d’un autre endroit où continuer à surveiller les pipelines en toute sécurité. Dans notre cas, ce lieu est situé dans une autre ville, dans un bâtiment différent, alimenté par un réseau électrique différent. Notre centre de contrôle secondaire est doté du même matériel et du même équipement auxiliaire que le centre de contrôle opérationnel. Nous travaillons à partir du centre de contrôle secondaire plusieurs fois par année afin de former nos contrôleurs et de vérifier le matériel », a-t-il ajouté.

No 3 Des serveurs et des réseaux de communication auxiliaires

Tout comme les salles de commande, le matériel indispensable tel que les systèmes d’acquisition et de contrôle des données (SCADA) et les réseaux de communication est épaulé par des dispositifs auxiliaires afin d’éliminer les points de panne uniques.

« Pour ce faire, nous possédons deux puissants serveurs redondants, situés dans le centre de contrôle principal et dans le centre de contrôle secondaire. Nous disposons de différentes voies de communication vers notre système satellite au cas où nous rencontrerions des problèmes d’entretien, et le contenu des sites est sauvegardé par l’intermédiaire d’un réseau radio ou cellulaire. »

No 4 La formation

La formation représente une partie considérable du fonctionnement de tout centre de contrôle. « Les contrôleurs doivent être formés et devenir des opérateurs qualifiés pour le pupitre de commande particulier sur lequel ils ou elles travailleront », a expliqué John. « Cela comprend une formation de pair à pair, une formation en classe, une formation par simulation et des examens pour démontrer ses compétences. »

« L’une des méthodes d’examen consiste à utiliser notre simulateur », a continué John. « Nous pouvons tester la capacité des contrôleurs à mener des activités de tous les jours ainsi qu’à travailler dans des conditions de travail anormales. Par exemple, nous pouvons reproduire des perturbations ou des problèmes dans l’environnement sécuritaire du simulateur, ce qui permet de former les contrôleurs à réagir adéquatement et à apprendre de cette expérience. »

No 5 Des exercices d’urgence

Les centres de contrôle et les contrôleurs participent à des exercices d’urgence à grande échelle plusieurs fois par année. Ces exercices exhaustifs font généralement intervenir d’autres autorités de réglementation (telles que l’Alberta Energy Regulator ou l’Office national de l’énergie) ainsi que divers groupes issus de collectivités locales comme la GRC, Alberta Health Services et les services d’incendie.

« Ces exercices d’urgence peuvent se dérouler sur une période de deux jours », a précisé John. « On passe le premier jour à suivre une formation et le second à résoudre une situation d’urgence au moyen du Système de commandement des interventions (SCI), ainsi qu’à mettre sur pied un commandement unifié faisant intervenir des groupes extérieurs. »

John a conclu en ajoutant qu’il est fier de cette collaboration et du partage de pratiques exemplaires entre les membres de CEPA. « Notre industrie réalise que nous pouvons nous entraider pour améliorer nos pratiques de sécurité grâce à un travail collectif », a-t-il ajouté.

Vous désirez en savoir plus sur les salles de commande? Consultez Les salles de commande et la sécurité des pipelines et La détection des fuites de pipeline vue de l’intérieur afin d’en apprendre davantage sur la façon dont les sociétés pipelinières utilisent la technologie pour renforcer la sûreté de leur exploitation.