5 faits concernant les chiffres relatifs aux incidents de pipeline

Avez-vous déjà remarqué combien il est difficile d’obtenir des informations équilibrées sur un quelconque sujet de controverse? Les pipelines ne font pas exception à la règle et en effet, il s’avère parfois difficile de faire la distinction entre discours creux et faits concrets.

En matière d’incidents de pipelines, les choses deviennent parfois compliquées en raison du nombre important de statistiques différentes. Nous allons donc replacer ces dernières dans leur contexte afin de vous aider à comprendre les faits derrière les chiffres.

#1 Tous les incidents ne sont pas égaux

On dénombre beaucoup de types d’incidents différents : ceux sur les emprises et dans les installations, les blessures subies par le personnel, les accidents de la route, et la liste est encore longue. Les incidents sur les emprises sont souvent les plus graves, car ils ont lieu sur la bande de terrain située au-dessus du pipeline enfoui et ce sont les plus susceptibles d’affecter les gens et l’environnement.

Mais quelle différence y a-t-il entre un simple incident et un incident important? Il existe une différence considérable entre une fuite de la taille d’un trou d’épingle, que l’on détecte avant qu’elle ne représente un véritable risque, et un déversement majeur impliquant des centaines de barils de pétrole. C’est pour cela que CEPA a adopté un ensemble de critères permettant de définir ce qu’est un incident important. Ce genre d’incident entraîne au moins l’un des faits suivants :

  • une blessure grave ou un décès
  • un déversement de liquides de plus de 50 barils
  • une inflammation ou un incendie non intentionnels
  • une rupture du pipeline

En 2014, quatre incidents ont été considérés comme importants.

La plupart des incidents de pipeline, comme les petites fuites de la taille d’un trou d’aiguille, sont bénins. Ces incidents sans gravité doivent certes être résolus, mais ils ne présentent que peu de risques pour le public et l’environnement. En 2014, les sociétés membres de CEPA ont fait état de 122 rejets de gaz naturel et de liquides, dont environ 80 % à l’intérieur d’installations pipelinières.

#2 Un plus grand nombre d’incidents signalés signifie un plus grand nombre de problèmes réglés sans délai

Qu’il s’agisse d’incidents importants ou non, notre but est d’atteindre zéro incident. Pourtant, en 2013, on a signalé un nombre d’incidents mineurs de gazoduc et de pipeline de liquides plus élevé qu’au cours des trois dernières années. 2014 a enregistré une baisse significative de ce nombre, qui demeure toutefois supérieur à celui d’autres d’années.

Ces dernières années, les membres de CEPA ont augmenté le nombre de leurs inspections de pipelines et de leurs activités de détection des fuites. La technologie évolue sans cesse, ce qui aide nos sociétés membres à détecter plus de problèmes potentiels avant même qu’ils ne présentent un risque.

Par exemple, en 2013, lors de son opération annuelle de détection des fuites menée au moyen de détecteurs ultra-sensibles, un exploitant pipelinier a localisé puis réparé 20 petites fuites. De telles mesures permettent aux exploitants de réduire le risque d’incidents importants, mais le nombre de fuites repérées vient s’ajouter au nombre total d’incidents signalés. L’augmentation du nombre d’incidents signalés entraîne donc des retombées positives sur la sécurité des pipelines en général.

#3 Les causes des incidents de pipeline

Entre 2010 et 2014, 79 pour cent des incidents de pipeline ont été provoqués par la détérioration et la dégradation du métal. Ces deux facteurs englobent des problèmes de fissuration et de corrosion ainsi que des défauts de matériaux.

Mais pour ce qui est de prévenir les défaillances de pipeline, la technologie est notre meilleure alliée. Les exploitants pipeliniers ont à leur disposition un arsenal d’outils sophistiqués conçus pour surveiller les pipelines et détecter les fuites. De plus, ils combinent tous leur expertise dans le cadre de la Canadian Pipeline Technology Collaborative afin de mettre au point des outils encore plus sophistiqués.

Si vous voulez en apprendre davantage sur les différentes technologies existantes, lisez notre série de billets sur les innovations pipelinières.

#4 La taille a réellement de l’importance

Comme nous venons de le voir, le nombre d’incidents de pipeline est à la hausse du fait de nos progrès en matière de détection des fuites; en revanche, le tableau est assez différent en ce qui concerne le volume de produit rejeté. Au cours des 12 dernières années, les pipelines de transport canadiens ont acheminé 12 milliards de barils de pétrole brut et autres produits liquides. Sur ce chiffre, seul un pourcentage de 0,0005 pour cent s’est déversé. Voici un récapitulatif pour les trois dernières années :

  • 2012 : 4397 barils
  • 2013 : 2196 barils
  • 2014 : 554 barils

Pour ce qui est des fuites de gaz, ce n’est pas tant la quantité qui pose problème, mais plutôt le risque d’inflammation. Sur les 98 incidents de gazoduc survenus entre 2010 et 2014, seuls trois pour cent ont entraîné une inflammation accidentelle, mais par chance, ils n’ont fait aucun blessé grave ni aucun mort.

Les incidents de pipeline de transport ne représentent qu’une partie de l’ensemble des statistiques liées aux incidents

Les définitions et les exigences relatives au signalement des incidents peuvent grandement varier d’un organisme de réglementation à l’autre, ce qui explique pourquoi il y a tant de chiffres différents.

Il faut ajouter que le nombre d’incidents signalés par les organismes de réglementation comprend tous les types de canalisations, pas seulement les pipelines de transport; CEPA, en revanche, ne publie que les incidents liés aux pipelines de nos membres. Par exemple, l’Alberta Energy Regulator, l’organisme de réglementation énergétique albertain, a fait état de plus de 700 incidents de pipeline en 2012, mais seuls 10 pour cent d’entre eux concernaient les pipelines de transport des membres de CEPA.

Nous reconnaissons et nous nous préoccupons du fait que toutes ces mesures différentes compliquent la tâche de communiquer un bilan de sécurité clair. CEPA collabore avec les organismes de réglementation pipelinière pour ajuster les critères de performance et aider à régler ces écarts.

Faites-vous votre propre opinion sur les faits

Maintenant que vous comprenez les faits derrière les chiffres, lisez notre Rapport 2015 sur la performance de l’industrie pipelinière. Il contient tout ce que vous avez besoin de savoir sur la performance des sociétés canadiennes de pipelines de transport : les points positifs, les points négatifs et les efforts entrepris pour nous améliorer. Il s’inscrit dans le cadre de nos efforts continus pour communiquer à tous les Canadiens et Canadiennes les véritables faits au sujet de leur infrastructure pipelinière.


L’Association canadienne de pipelines d’énergie représente les sociétés canadiennes de pipelines de transport, lesquelles exploitent environ 117 000 kilomètres de pipelines à travers le Canada. En 2014, ces autoroutes de l’énergie avaient acheminé environ 1,2 milliard de barils de produits de pétrole liquide et 5,4 billions de pieds cubes de gaz naturel. Nos membres transportent 97 pour cent du gaz naturel consommé quotidiennement au Canada et acheminent du pétrole brut en provenance des gisements terrestres de régions productrices vers divers marchés nord-américains.