3 raisons pour lesquelles la construction de pipelines ralentit au printemps

Avec l’arrivée du printemps, on pourrait croire que les entreprises de construction qui travaillent avec les membres de CEPA se préparent à accélérer le rythme des projets de construction de pipelines en vue de l’été. C’est en fait tout le contraire, étant donné qu’une grande partie des travaux de construction sont exécutés en plein hiver.

Adam Reed, gestionnaire de l’environnement chez Michels Canada, entrepreneur en construction de pipelines, explique que l’hiver est la meilleure saison pour effectuer la plupart des travaux afin d’éviter les répercussions sur l’environnement.

« Au Canada, ce n’est pas au moment du dégel printanier que nous voulons faire le plus gros du travail, dit M. Reed. C’est surtout en raison de nos périodes de travail environnemental, mais aussi à cause du contrôle de l’érosion et des autres facteurs qui entrent en jeu. »

 

Voici les trois raisons pour lesquelles la plus grande partie des travaux ralentit ou cesse au printemps :

1. Oiseaux et espèces en péril. Les entreprises de construction de pipelines dégagent les emprises l’hiver afin de ne pas perturber les oiseaux migrateurs, leurs œufs et leurs nids, ainsi que d’autres espèces en péril. Reed précise qu’en fonction de l’endroit et du type d’habitat, il existe des périodes définies durant lesquelles les activités de construction sont limitées ou font l’objet de restrictions.

«Si nous déblayons durant ces périodes, nous devons demander à des experts de chercher les nids d’oiseaux nicheurs et, s’ils en trouvent, cela modifie le calendrier de la construction, explique M. Reed. Nous planifions donc une grande partie du déblaiement à d’autres moments, soit l’hiver, afin d’éviter ce type d’impact. »

 

2. L’eau par rapport à la glace. Lorsque les travaux ont lieu près d’étendues d’eau comme des ruisseaux et des zones humides, M. Reed ajoute que les entreprises de construction de pipelines utilisent les saisons à leur avantage. L’hiver, les étendues d’eau sont souvent gelées jusqu’au fond ou entièrement sèches, et le risque des effets sur les poissons et d’autres espèces est donc moindre.

De plus, au printemps ou l’été, le ruissellement des fortes pluies et la fonte entraînent des préoccupations sur le plan de l’érosion et du mouvement de sédiments dans les cours d’eau et les zones sensibles. En travaillant lorsque tout est gelé, on réduit ces préoccupations et l’impact sur les lits et les rives.

 

3. Ponts de glace et damage du givre. L’hiver offre une solution unique aux entreprises qui doivent construire une route ou un passage au-dessus d’une zone sensible comme un ruisseau. Plutôt que d’installer un ponceau ou un pont et de perturber le lit ou les rives, elles remplissent simplement les lieux de neige, qu’elles font geler. M. Reed désigne ce processus par le terme « remplissage de neige ».

« Comme il n’y a pas d’écoulement, l’étendue d’eau étant gelée jusqu’au fond ou complètement sèche, nous pouvons la remplir de neige, la geler et aménager un accès pour traverser ces zones au lieu d’augmenter notre impact sur l’environnement », précise M. Reed.

 

Il y a également d’autres raisons plus évidentes de travailler l’hiver, par exemple pour éviter les restrictions routières durant la débâche printanière, ou du simple fait que les conditions sont extrêmement boueuses durant la fonte. Une fois le sol gelé, les zones meubles et humides sont stabilisées et on peut facilement utiliser de l’équipement lourd sans causer d’ornières ni mélanger des couches de sol.

 

Préparation en vue du printemps

Vers la fin de la saison de construction, M. Reed explique qu’on prépare les sites en vue de la fonte printanière. Une fois que la zone a été déblayée et que la canalisation est dans le sol, on remblaie le fossé. Étant donné que la terre végétale est encore gelée et en gros morceaux, on attend souvent qu’elle dégèle, puis on l’aplanit. Quand les conditions le permettent, on retourne sur les lieux pour achever les travaux.

« On remet alors en place la terre végétale, on effectue toutes les plantations nécessaires, on détermine s’il faut prendre d’autres mesures liées à l’érosion et on ensemence l’emprise », conclut M. Reed.

Les membres de CEPA sont résolus à protéger l’environnement, et c’est pourquoi ces mesures sont en place pour tous les aspects de la construction de pipelines. La protection environnementale est une priorité des entreprises qui construisent, exploitent et entretiennent les pipelines au Canada.