2020 : retour sur les progrès de l’industrie pipelinière

Dans le second et dernier volet de notre bilan de l’année sur l’industrie canadienne des pipelines de transport, Chris Bloomer, président et chef de la direction de l’Association canadienne de pipelines d’énergie (CEPA), revient sur les évènements qui ont marqué l’année 2020.

Dans un billet datant de janvier, cette année, vous avez énoncé plusieurs priorités spécifiques à l’industrie pipelinière pour 2020. Maintenant que l’année tire à sa fin, pouvez-vous nous dire comment cette dernière a géré ces priorités?

En janvier dernier, la construction de nouveaux pipelines, la mise en œuvre par le gouvernement du projet de loi C-69 ainsi que les priorités en matière environnementale, sociale et de gouvernance (ESG) représentaient certains des enjeux les plus importants pour CEPA. Peu après, la pandémie mondiale de COVID-19 a frappé. Je suis cependant fier de dire que l’industrie pipelinière a respecté ses engagements, malgré les défis imposés par la pandémie. Le mérite en revient à toutes les personnes qui veillent au fonctionnement fiable des réseaux de pipelines, chaque jour de l’année.

Quatre projets fondamentaux figuraient parmi les grandes priorités de l’industrie au début de l’année : Keystone XL, le projet de gazoduc de Coastal GasLink, l’agrandissement du réseau Trans Mountain et la canalisation 3. La réalisation de ces pipelines a fait l’objet d’une certaine incertitude et s’est notamment heurtée à plusieurs obstacles juridiques et réglementaires. Je me réjouis donc que ces quatre projets soient actuellement en chantier, et nous avons bon espoir qu’ils seront en service dans les prochaines années.

 

Vous avez déclaré qu’il est important pour l’industrie d’adhérer aux facteurs ESG en tant qu’indicateurs de rendement. Quels progrès, à ce point?

Le Canada fait figure de chef de file mondial en matière de rendement ESG. De plus, en 2020, ces critères se sont retrouvés encore davantage ancrés dans la façon dont les investisseurs perçoivent l’industrie pipelinière, ainsi que dans la façon dont nous nous percevons nous-mêmes.

Cette année, CEPA a réalisé un travail considérable sur le plan des ESG afin d’établir une base de connaissances commune et de comprendre les priorités de l’industrie en la matière. Nous avons pris part au groupe de travail du gouvernement albertain sur les ESG afin d’élaborer des arguments plus convaincants à l’appui d’investissements en Alberta, en nous servant de données de rendement ESG et de preuves scientifiques dans le but de renforcer la confiance des investisseurs et d’attirer les investissements. Par ailleurs, les ESG constituaient un thème dominant de notre rapport de performance de cette année, intitulé « L’énergie canadienne. Pour un avenir responsable. ».

 

Quels autres faits saillants aimeriez-vous souligner pour cette année?

En 2020, il s’est produit plusieurs avancées susceptibles d’ouvrir des possibilités colossales pour les pipelines de transport.

L’hydrogène a fait couler beaucoup d’encre à titre de carburant capable de fortement réduire l’intensité carbonique. Or, le gaz naturel est l’un des principaux éléments qui entrent dans la composition de l’hydrogène bleu. Grâce à ses abondantes réserves de gaz naturel, l’Alberta jouera donc un rôle central dans le développement d’une l’économie de l’hydrogène. Les pipelines, pour leur part, représentent la façon la plus économique et la plus efficace de distribuer de grandes quantités d’hydrogène.

En outre, selon les récentes prévisions de la Régie de l’énergie du Canada, le pétrole et le gaz naturel continueront d’être les principales sources d’énergie des Canadiens (à environ 60 %) d’ici 2050, une constatation qui cadre avec ce que nous savons déjà, à savoir que le pétrole et le gaz naturel continueront de représenter une partie importante de notre bouquet énergétique. Cela signifie que notre avenir énergétique pourrait se composer d’énergies renouvelables ainsi que de pétrole et de gaz, auxquels s’ajouteraient l’hydrogène, du carbone capté et stocké, une électrification accrue et de l’électricité générée de diverses façons.

 

Pour résumer, l’année 2020 s’est révélée difficile en raison de la pandémie mondiale et de ses répercussions économiques, mais il a subsisté quelques points positifs pour notre industrie. Le gouvernement du Canada a accordé aux pipelines le statut d’infrastructure essentielle, ce qui a permis au personnel de la chaîne d’approvisionnement et à l’équipement de traverser les frontières, ainsi que de continuer à entretenir et à construire des canalisations. Nous jouissons également d’un plus grand degré de certitude concernant la nécessité de la croissance de notre infrastructure pipelinière par rapport à l’année dernière, les formes d’énergie à faibles émissions procurent d’excellents débouchés, et nous savons que le Canada peut jouer un rôle d’envergure mondiale dans notre avenir énergétique.

Le Canada possède l’énergie dont le monde aura besoin pendant les décennies à venir, et il est bien placé pour la lui fournir.

L’équipe du blogue d’À propos des pipelines remercie Chris Bloomer pour ses réflexions sur l’industrie pipelinière en 2020 et souhaite à tous ses lecteurs d’excellentes Fêtes, dans la joie et la sécurité, ainsi qu’une heureuse et prospère nouvelle année.